Rentrée sociale : Les défis d’une gouvernance intelligente
Le conseiller en développement économique, Abderahmane Hadef, a salué la réussite du gouvernement dans la préparation d’une rentrée sociale « sereine et fluide », en particulier dans les secteurs de l’éducation et de l’enseignement supérieur, aussi bien sur le plan pédagogique que dans la qualité des services. Selon lui, ce succès traduit une volonté réelle de transformer les orientations stratégiques en politiques sectorielles axées sur les résultats, loin des simples déclarations.
Présent dimanche dernier à l’émission « l’invité du matin » sur la chaîne I de la Radio algérienne, Hadef a insisté sur la nécessité de renforcer le dialogue social et d’activer les partenariats avec les acteurs économiques et sociaux. Il a souligné que les politiques publiques doivent s’articuler autour du citoyen, rappelant que le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a placé cette priorité au cœur de son action dès sa visite à Jijel, marquée par l’inauguration du complexe de trituration des graines oléagineuses et de production d’aliments pour bétail.
Pour l’expert, cette démarche illustre la volonté de l’exécutif de préserver le pouvoir d’achat, de relancer les usines à l’arrêt, de créer de l’emploi et de renforcer la sécurité alimentaire. « Jijel, longtemps perçue comme une région non industrielle, est en passe de devenir un pôle économique et commercial à dimension régionale », a-t-il noté, citant également le complexe sidérurgique de Bellara et l’extension du terminal à conteneurs du port de Djen Djen comme leviers de développement et d’ouverture sur l’international.
Hadef a affirmé que la nouvelle équipe gouvernementale affiche une approche « pragmatique » fondée sur les résultats et portée par une vision claire : améliorer le pouvoir d’achat et consolider la sécurité alimentaire. Parmi les principaux défis, il a identifié la lutte contre la lourdeur administrative, l’amélioration de l’image de l’Algérie auprès des investisseurs étrangers, la modernisation du climat des affaires, la création d’emplois et la protection du pouvoir d’achat. La compétitivité et la productivité doivent, selon lui, devenir des priorités absolues pour moderniser l’économie.
L’expert a souligné que l’adoption d’une gouvernance intelligente constitue un enjeu central pour hisser l’Algérie parmi les pays émergents. Actuellement, l’industrie ne représente que 5 % du PIB, alors que l’objectif fixé par le président Abdelmadjid Tebboune est d’atteindre 10 %. Cela implique des réformes structurelles profondes, notamment la résolution du problème du foncier industriel et la mise en place de zones industrielles spécialisées, à l’image de l’expérience chinoise.
Hadef a également mis en avant plusieurs signaux encourageants comme une croissance du PIB estimée à près de 4 % ; un recul du taux d’inflation ; une amélioration de la trésorerie publique ainsi que l’enregistrement de 15 000 nouveaux projets d’investissement.
Ces acquis, selon lui, doivent être exploités pour accélérer le développement des secteurs porteurs, notamment l’économie numérique, l’agriculture intelligente et le commerce électronique.
Critiquant le « modèle des tours administratives », Hadef a plaidé pour un système de gestion basé sur les plateformes numériques afin de renforcer la coordination intersectorielle et d’accroître l’efficacité. Il a insisté sur l’importance d’une meilleure synergie entre l’Agence nationale de promotion de l’investissement et les différents ministères pour concrétiser les projets sur le terrain.
G.S
