Fléau des chiens errants : Le risque de la rage inquiète

La prolifération des chiens errants atteint un seuil critique à Oran. Depuis janvier, la direction de la santé a recensé 7 589 morsures, dont plus de 1 300 au cœur de l’été. Une crise qui met en lumière un phénomène inquiétant : l’installation massive de meutes autour des chantiers de construction, transformés en véritables foyers de reproduction et de danger.
Avec près de 850 morsures par mois, Oran vit sous la menace permanente des attaques de chiens. L’été a été particulièrement critique : 1 300 cas enregistrés en juillet et août seulement. Derrière ces statistiques, ce sont surtout des enfants qui en paient le prix, mordus à la sortie de l’école ou en jouant près de terrains vagues.
Si la ville est envahie par des canidés errants, les chantiers de construction représentent aujourd’hui le principal réservoir du problème. Ouvriers et gardiens y entretiennent volontairement des meutes pour la surveillance nocturne, sans contrôle ni vaccination. Avec la nourriture qu’on leur fournit, ces chiens s’installent durablement, se reproduisent et finissent par se déplacer vers les quartiers voisins. Or, les projets immobiliers foisonnent à Oran : chaque nouveau lotissement s’accompagne de chantiers ouverts, souvent jouxtant des zones résidentielles, où les habitants se retrouvent directement exposés.
Au-delà des blessures parfois graves, le spectre de la rage inquiète les familles. La maladie, mortelle lorsqu’elle n’est pas traitée, rappelle que chaque morsure exige une prise en charge immédiate. Mais face à l’ampleur des cas, les services spécialisés se retrouvent sous pression.
Les autorités locales évoquent des campagnes d’abattage ponctuelles, jugées insuffisantes par les habitants. Les associations, elles, plaident pour des programmes de vaccination des chiens domestiques, l’abattage de chiens errants et un contrôle strict sur les chantiers. « Tant que les entreprises de construction continueront à entretenir des chiens non vaccinés, le problème se renouvellera sans cesse », estime une militante associative.
La multiplication des attaques souligne la nécessité d’un plan coordonné entre collectivités locales, services de santé et entreprises du bâtiment. Pour les habitants, il y a urgence à agir : la sécurité des enfants et la santé publique en dépendent.
Khaled Boudaoui
