Elle vise son éradication à l’horizon 2030 : L’Algérie déclare la guerre à la rage

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la rage, célébrée ce 28 septembre, le Pr Samia Hammadi, directrice de la prévention et de la lutte contre les maladies transmissibles au ministère de la Santé, a rappelé les efforts déployés par l’Algérie pour éliminer cette maladie d’ici 2030.

Invitée de la Radio nationale, elle a alerté sur la recrudescence des morsures animales potentiellement rabiques enregistrées en 2024 : plus de 213 000 cas, soit une hausse de 17 % par rapport à l’année précédente. Un chiffre d’autant plus inquiétant que la rage demeure « mortelle à 100 % » lorsqu’elle n’est pas traitée à temps. Le Pr Hammadi a insisté sur l’urgence des gestes de premiers secours — lavage immédiat à l’eau et au savon pendant 15 minutes — avant toute prise en charge médicale et vaccination post-exposition.
Pour autant, les chiens restent les principaux vecteurs de la rage, mais les chats représentent aussi une part significative des cas de transmission, jusqu’à près de 45 % selon les statistiques officielles. Les enfants de moins de 15 ans, particulièrement exposés par manque de conscience du danger, représentent près de la moitié des victimes.
Pour contrer ce fléau, l’Algérie a mis en place un Plan national de lutte contre la rage, élaboré avec l’OMS et le comité national de lutte contre les zoonoses. Aligné sur les Objectifs de développement durable (ODD), ce plan repose sur plusieurs piliers dont la vaccination animale de masse ; la sensibilisation de la population ; la formation continue des professionnels de santé et des vétérinaires ainsi que l’amélioration du diagnostic et du suivi épidémiologique.
Le Pr Hammadi a plaidé également pour une gouvernance renforcée et une meilleure coordination entre les ministères de la Santé, de l’Agriculture et de l’Intérieur, dans le cadre de l’approche intégrée « One Health » liant santé humaine, animale et environnementale.
Ces annonces trouvent un écho particulier dans les conclusions du congrès national des vétérinaires tenu récemment à Médéa, qui avait rassemblé praticiens, chercheurs et responsables institutionnels.
Au terme des travaux, plusieurs recommandations avaient été formulées avec le renforcement de la vaccination des chiens et chats domestiques comme mesure prioritaire de santé publique ; le contrôle de la prolifération des chiens errants à travers des programmes coordonnés entre communes, services vétérinaires et associations ; un meilleur encadrement de la collecte et du traitement des déchets pour réduire l’attractivité des zones urbaines pour les meutes ; le développement de la recherche scientifique sur les zoonoses et l’amélioration de la surveillance épidémiologique ainsi que l’intensification de la coopération intersectorielle pour que médecins, vétérinaires et collectivités locales travaillent de concert.
Ce congrès avait insisté sur le fait que la lutte contre la rage ne pouvait se limiter à une approche sanitaire, mais devait s’inscrire dans une stratégie globale de santé publique, d’aménagement urbain et d’éducation citoyenne.
Dans la continuité, Dr Ibtissem Hamlaoui, présidente de l’Observatoire national de la société civile (ONSC), a donné ce dimanche à Alger le coup d’envoi d’une campagne nationale de sensibilisation. Déployée dans toutes les wilayas, cette initiative associe le Croissant rouge algérien, les associations locales et des caravanes mobiles de prévention, avec un accent particulier sur les zones rurales et enclavées.
T. Feriel

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