Photographies truquées, scènes surréalistes… : Ces deepfakes, source de désinformation

 

À Oran, la prolifération d’images générées par l’intelligence artificielle brouille chaque jour davantage la frontière entre réel et fiction. Depuis 2025, des photographies truquées circulent sur les réseaux sociaux locaux : plages en plein hiver baignées d’un soleil inexistant, immeubles historiques repeints de couleurs irréelles, scènes de manifestations qui n’ont jamais eu lieu.
Les outils gratuits de création d’images, accessibles en quelques clics, rendent la falsification presque indétectable pour un œil non averti.
En juin 2025, une photo d’une avenue du Centre-ville prétendument recouverte de neige a été largement partagée, provoquant une vague de commentaires moqueurs sur un « climat déréglé » avant que des spécialistes en météo ne rappellent qu’aucune chute de neige n’avait été enregistrée depuis des décennies. Quelques mois plus tôt, un cliché montrant le Front de mer d’Oran transformé en port futuriste avait été repris par plusieurs comptes d’information locale avant d’être démenti : l’image venait d’un générateur d’IA alimenté par un simple mot-clé. Ces épisodes illustrent combien la diffusion est rapide et le correctif toujours en retard.
Les chercheurs en cybersécurité rappellent que la technologie d’IA générative n’est pas illégale en soi : ce sont ses usages trompeurs qui posent problème. Pour se prémunir, plusieurs réflexes simples sont conseillés par les professionnels de la vérification numérique. D’abord, examiner les métadonnées d’un fichier : une image générée par IA n’a souvent pas les informations de prise de vue d’un appareil photo classique. Ensuite, recouper avec des sources fiables ou des banques d’images connues. Enfin, utiliser des outils de détection disponibles en ligne – comme les services de recherche inversée d’images – qui peuvent révéler l’origine réelle d’un visuel. Ces démarches, encore méconnues du grand public, devraient devenir un réflexe.
Le risque majeur n’est pas seulement la désinformation ponctuelle mais l’érosion progressive de la confiance collective. Quand tout peut être fabriqué, on en vient à douter des photos de presse, des archives et même des souvenirs partagés. À Oran, comme ailleurs, la défense du réel repose désormais sur la vigilance de chacun : sans ce sursaut, le doute pourrait vite devenir la norme.
O.A Nadir

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