Projet de loi de finances 2026: Pas de nouvelles taxes en perspective

Sous la présidence du chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, le Conseil des ministres s’est réuni ce dimanche pour examiner plusieurs dossiers d’importance stratégique dont le projet de loi de finances (PLF) 2026.
Le chef de l’Etat a tenu à fixer un cap clair à ce propos : le PLF 2026 ne devra comporter aucune mesure susceptible de peser sur le pouvoir d’achat des citoyens. Cette directive traduit la continuité de la politique économique actuelle, centrée sur la préservation du bien-être social, la protection des couches vulnérables et la consolidation du modèle de redistribution.
La loi de finances 2026, adoptée en Conseil des ministres, devra ainsi maintenir le cap sur la stabilité des prix des produits de base et la régulation du marché, tout en stimulant l’investissement productif et la création de richesse. Le Président a insisté sur la nécessité de concevoir une loi « incitative », capable d’attirer les investisseurs, de favoriser la concurrence et de renforcer la transparence dans la gestion des finances publiques.
L’un des volets majeurs du débat a porté sur la réforme de l’Office national des statistiques (ONS). Abdelmadjid Tebboune a souligné l’urgence de moderniser cet organisme central, tant sur le plan structurel que technique. L’objectif : doter l’État d’un instrument de mesure fiable, capable de produire des données précises, régulières et représentatives de la réalité socio-économique du pays.
Le chef de l’État a ordonné la création de succursales régionales et communales de l’ONS, afin de permettre une couverture homogène du territoire et d’améliorer la qualité des indicateurs économiques. Cette décentralisation statistique vise à donner à l’administration et aux décideurs publics une vision fine et territorialisée des dynamiques économiques, facilitant ainsi la planification et l’évaluation des politiques publiques.
Autre axe fort de l’intervention présidentielle : la refonte de la politique fiscale. Le président a demandé au gouvernement de travailler à la mise en place d’une assiette fiscale non contraignante mais efficace, privilégiant le recouvrement juste et la lutte contre l’évasion. Dans cette optique, la future loi de finances devra s’attaquer aux comportements négatifs en matière d’impôts et encourager la transparence des revenus. L’enjeu est double : accroître les ressources publiques sans recourir à de nouvelles taxes et instaurer une culture fiscale basée sur la responsabilité et la justice sociale.

Terres agricoles : ligne rouge présidentielle

Le Conseil des ministres a également abordé la question cruciale de l’eau, dans un contexte de stress hydrique aggravé par les changements climatiques. Un exposé a été présenté sur la réalisation de cinq nouvelles usines de dessalement d’eau de mer, un projet structurant visant à sécuriser l’alimentation en eau potable des régions les plus touchées. Le Président Tebboune a ordonné l’approfondissement des études techniques, en veillant à prioriser les wilayas où la distribution d’eau connaît des perturbations chroniques. Les zones à forte densité démographique, notamment dans les Hauts Plateaux, seront placées au cœur du dispositif.
Le chef de l’État a également exigé que la distribution de l’eau dessalée couvre un rayon d’au moins 250 kilomètres à partir des côtes, afin d’alimenter durablement les régions de l’intérieur. Il a insisté sur la nécessité d’une planification rigoureuse de la répartition, avec des calendriers précis et une application stricte pour éviter les inégalités régionales.
Le Conseil a par ailleurs examiné un projet de décret exécutif relatif à la déclassification de terres agricoles pour des projets publics. Le président de la République s’y est fermement opposé, estimant que les terres cultivables constituent un patrimoine national inaliénable. Il a instruit le gouvernement de rechercher d’autres mécanismes pour identifier des assiettes foncières alternatives, non arables, susceptibles d’accueillir les projets d’infrastructures. Cette position s’inscrit dans la politique de protection du foncier agricole, considérée comme un levier essentiel de la sécurité alimentaire et du développement rural durable.
Le Conseil des ministres a enfin adopté deux projets de loi instituant la médaille de l’Armée nationale populaire (ANP) et des médailles militaires. Ces distinctions, destinées à honorer le mérite, la bravoure et le dévouement des membres des forces armées, traduisent la reconnaissance de la Nation envers ses soldats. Elles visent également à renforcer le lien entre l’institution militaire et la société civile, en célébrant les valeurs de discipline, de loyauté et de sacrifice. Ces nouvelles distinctions s’inscrivent dans une démarche de modernisation des symboles nationaux et de valorisation du rôle de l’ANP dans la défense du pays et la préservation de son unité.
G. Salima

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