Bethioua: La cité des 400 logements se plaint

À Bethioua, dans l’est d’Oran, la cité des 400 logements s’enfonce lentement dans la pénombre et la lassitude. Les habitants, installés depuis plusieurs années, multiplient les appels aux autorités locales. Éclairage public en panne, réseau d’assainissement dégradé, amoncellement d’ordures : le quotidien de ce quartier résidentiel livré en 2017 n’a plus rien du cadre promis.
« La nuit, on traverse la cité comme dans une forêt, tout est plongé dans le noir », témoigne Mourad, père de famille, rencontré devant son immeuble. Son témoignage, rapporté par Algérie Presse, illustre un problème devenu chronique.
Hakim, 32 ans, plombier, partage le même constat : « Quand il pleut, l’eau sale remonte jusqu’aux portes. On a signalé la situation à plusieurs reprises, mais personne ne se déplace ». Il raconte avoir lui-même réparé des câbles électriques « pour ne pas laisser les enfants marcher dans le noir ».
Les plaintes concernent aussi la gestion des déchets. « Les ordures s’accumulent, les chiens errants fouillent dedans, et l’odeur devient insupportable », confie Abderrahmane, retraité.
Du côté de l’APC, une source reconnaît « un manque de coordination entre services » et évoque des « retards administratifs dans les marchés publics ».
En attendant, les habitants s’organisent seuls. « On a acheté des lampes solaires, on les partage entre voisins. C’est notre manière de tenir », explique Samir, employé de commerce.
Sur les réseaux sociaux, la page locale Bethioua News publie régulièrement des images des routes abîmées et des espaces envahis par les déchets. Ces publications, partagées des centaines de fois, reflètent la colère d’un quartier longtemps oublié des programmes d’entretien.
O.A Nadir

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