Passeports consulaires : Alger recadre Retailleau

La dernière déclaration du ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau, publiée dans Le Figaro, a suscité une vive réaction d’un responsable du ministère algérien des Affaires étrangères.

Retailleau a indiqué son intention de demander aux préfectures françaises de ne plus tenir compte des passeports délivrés par les consulats algériens pour l’obtention de titres de séjour. Une déclaration perçue à Alger comme une provocation politique doublée d’un déni de souveraineté.
Dans une réponse relayée par l’APS, une source officielle du ministère a fermement rappelé que la délivrance de passeports est un droit fondamental pour tout citoyen algérien et une obligation régalienne de l’État algérien souverain. Leur validité, insiste-t-elle, ne saurait être remise en cause par un partenaire étranger, encore moins par l’État français, avec lequel l’Algérie est liée par des accords bilatéraux en matière migratoire.
La même source souligne une contradiction flagrante : ces documents consulaires sont souvent réclamés par les préfectures françaises elles-mêmes, dans le cadre des procédures de régularisation. En ce sens, leur non-reconnaissance reviendrait à entraver des démarches administratives légitimes, tout en constituant une violation des droits individuels et un manquement aux engagements internationaux de la France.
Au-delà de la question juridique, Alger dénonce une démarche arbitraire, discriminatoire et politiquement marquée. Sans nommer directement le ministre, la source évoque clairement une déclaration motivée par des intérêts politiques internes, en décalage total avec la réalité des mécanismes administratifs en vigueur.
Dans son entretien au Figaro, Bruno Retailleau ne s’est pas limité à la question des passeports. Il a également critiqué la relation bilatérale, qualifiant la politique algérienne d’«hostile», et plaidé pour une remise en cause de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968, qui encadre le statut des ressortissants algériens en France. Il est même allé jusqu’à proposer de bloquer les négociations en cours sur l’accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne.
Ce rappel à l’ordre, souligne la source diplomatique, n’est pas une simple réaction. Il vise à réaffirmer le cadre d’une relation d’État à État, fondée sur le droit, les engagements réciproques et le respect des citoyens.
R.N

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