La diphtérie fait deux morts : Skikda sous haute surveillance

La wilaya de Skikda fait face à une alerte sanitaire après la confirmation de cinq cas de diphtérie, dont deux décès, a indiqué hier le ministère de la Santé. Les victimes sont un homme de 25 ans de nationalité étrangère et une fillette de 12 ans non vaccinée contre cette maladie.
Face à cette situation, une cellule de crise a été mise en place au niveau de la direction de la Santé et de la Population pour suivre l’évolution de l’épidémie et coordonner toutes les mesures préventives et hospitalières nécessaires avec les autorités locales.
Les services sanitaires ont immédiatement lancé des enquêtes épidémiologiques, incluant le suivi des contacts des personnes infectées. Ces derniers ont été mis sous traitement prophylactique et vaccinés contre la diphtérie afin de limiter la propagation de l’infection. Dans ce cadre, 514 personnes ont été vaccinées au cours des dernières 48 heures lors d’une campagne préventive supervisée par les équipes locales et la cellule de crise de la wilaya.
Ces nouveaux cas rappellent des incidents similaires survenus en septembre 2024 dans la wilaya de Tamanrasset et dans le Grand Sud, qui a ont fait une trentaine de morts, soulignant que la diphtérie peut réapparaître, notamment parmi des populations non vaccinées ou en situation irrégulière. La maladie, causée par la bactérie Corynebacterium diphtheriae, attaque principalement les voies respiratoires supérieures et se transmet par contact direct ou par les gouttelettes émises lorsqu’une personne tousse, éternue ou parle. La contamination peut également se produire par des objets, des vêtements ou même des animaux porteurs de bactéries apparentées. Sans traitement, une personne infectée peut rester contagieuse plusieurs semaines, mais l’administration rapide d’antibiotiques réduit considérablement ce risque.
La diphtérie constitue un danger sérieux en raison des complications qu’elle peut entraîner, notamment des troubles respiratoires, des atteintes cardiaques et nerveuses, ou encore des insuffisances rénales pouvant conduire au décès. La prévention reste la meilleure défense : le vaccin DTCop (diphtérie, tétanos, coqueluche) protège efficacement lorsqu’il est administré selon le calendrier vaccinal officiel. Il est donc essentiel que tous respectent les rappels de vaccination et appliquent des mesures d’hygiène de base, telles que le lavage régulier des mains et la limitation des contacts avec des personnes présentant des symptômes respiratoires.
En cas de suspicion d’infection, la consultation médicale rapide est cruciale afin de bénéficier d’un traitement approprié, incluant souvent des antibiotiques et l’administration d’antitoxine diphtérique. Les campagnes de vaccination et le suivi rigoureux des contacts, comme celles actuellement menées à Skikda, restent les moyens les plus efficaces pour protéger la population et prévenir toute propagation supplémentaire de la maladie.
Djamel Hamdan
