Après des mois de tensions diplomatiques: Laurent Nunez tend la main à Alger

Invité de France Inter dimanche, le nouveau ministre français de l’Intérieur, Laurent Nunez, a estimé qu’il était impératif de « bouger » dans les relations avec l’Algérie. Il a par ailleurs affirmé que la remise en cause de l’Accord franco‑algérien de 1968 n’était « pas à l’ordre du jour ». Une marche-arrière qui contraste avec l’attitude anti-algérienne de son prédécesseur Retailleau qui avait fait du dossier des relations avec l’Algérie un fond de commerce politique.
« Je comprends que la tension qu’il y a actuellement avec l’Algérie fasse que nous n’ayons plus de relation sécuritaire avec eux, d’échanges sécuritaires. Pour un ministre de l’Intérieur, c’est un problème, c’est un gros problème », a déclaré Laurent Nunez. Il a souligné que « forcément il faudra qu’il y ait un bougé là-dessus. Il faudra à un moment qu’on reprenne le dialogue avec les Algériens, sur les questions de sécurité, d’échanges d’informations ».
Les relations entre Paris et Alger sont fragilisées depuis plus d’un an par une crise diplomatique. Alger avait soufflé le froid sur Paris après sa position sur le dossier du Sahara occidental alors que la France avait reproché notamment à l’Algérie de refuser la reprise de ses ressortissants soumis à une obligation de quitter le territoire (OQTF). « Nous avons 40 % d’Algériens dans les centres de rétention administrative », a précisé le ministre. « Il faudra évidemment qu’on ait de nouveau la reprise du flux des laissez-passer. Je vais m’y atteler », a ajouté le locataire de Beauvau, sans toutefois annoncer de contact immédiat avec son homologue algérien.
Interrogé sur un rapport parlementaire rendu public le 15 octobre, qui proposait de remettre en cause les dérogations attribuées aux Algériens dans le cadre de l’accord de 1968, Laurent Nunez a réagi avec réserve : « Il y a cet accord, il fonctionne, il n’est pas complètement parfait, je vous le concède, mais pour l’instant, ce n’est pas à l’ordre du jour ».
Cette prudence tranche nettement avec la position adoptée par Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur précédent, qui avait appelé à une « sortie » de l’accord de 1968, considérant qu’il octroyait un « statut dérogatoire » aux Algériens « que plus rien ne justifie ».

T.F

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