PLF 2026: Quand le tabac finance la santé

Dans un paradoxe assumé, les recettes issues du tabac continueront, en 2026, à soutenir la politique publique de santé en Algérie. Le projet de loi de finances (PLF) 2026 consacre en effet une nouvelle hausse de la taxe additionnelle sur les produits du tabac, qui passera de 65 à 75 dinars par paquet.
Une mesure destinée à renforcer le financement du Fonds de lutte contre le cancer et du Fonds pour les urgences et les activités de soins médicaux, deux dispositifs devenus essentiels dans la prise en charge hospitalière.
Selon les précisions du ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudene, cette hausse permettra de faire passer la part revenant au Fonds d’urgence de 14 à 19 dinars, tandis que celle du Fonds cancer augmentera de 21 à 26 dinars. Ces deux mécanismes sont alimentés par la fiscalité sur le tabac depuis plus d’une décennie, un choix budgétaire qui fait du consommateur de cigarettes un contributeur involontaire au financement de la santé publique.
Le Fonds de lutte contre le cancer, en particulier, verra ses ressources dépasser les 93 milliards de dinars en 2026. Cette enveloppe permettra, selon le ministre, de renforcer les moyens des établissements hospitaliers spécialisés, d’améliorer l’accès aux traitements et de soutenir les programmes de prévention. Cette dynamique découle de la révision de l’article 79 de la loi de finances 2011 (n°10-13), qui élargit désormais les possibilités d’octroi de subventions et de contributions aux structures sous tutelle du ministère.
Mais l’effort budgétaire du gouvernement ne s’arrête pas là. Présentant le budget du secteur devant la commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), M. Aït Messaoudene a annoncé l’ouverture de 24 487 postes budgétaires dans la santé publique. Parmi eux: 2 600 postes pour les médecins spécialistes, 2 000 pour les généralistes, 14 860 pour le personnel paramédical, 1 937 pour les sages-femmes, et 3 000 pour les agents contractuels. Cette création massive de postes marque une hausse de 5 397 emplois par rapport à 2025.
Le budget global du secteur s’élèvera, en 2026, à 1 048 milliards de dinars en crédits de paiement et à 1 038 milliards en autorisations d’engagement, répartis selon les axes stratégiques du ministère : prévention, soins, formation et gestion administrative.
T. Feriel
