Karim Tedjani, consultant et formateur en environnement : « L’écologie a besoin d’actes durables »

Dans cet entretien accordé à Algérie Presse, Karim Tedjani, consultant et formateur dans le domaine de l’environnement, éclaire cette initiative de planter un million d’arbres. Engagé personnellement et professionnellement dans le développement durable de l’Algérie et créateur en 2010 du premier portail web dédié à l’écologie en Algérie, il répond à nos questions.
Algérie Presse : Quelle est votre position sur la campagne nationale de plantation d’un million d’arbres ?
Karim Tedjani : « Il faut à mon humble avis percevoir cette campagne comme la consécration d’un long travail de fond, en matière de reboisement et de plantation, qui a été réalisé pendant plusieurs années par la société civile algérienne. Il faut bien entendu citer « Djazair El Khadra » de l’emblématique Fouad Maâla, mais aussi tant d’autres acteurs locaux et nationaux qui, dans son sillon, ont accompli leur mission avec conscience et intelligence écologiques. Le choix des variétés, la logistique, la création de pépinières, le suivi, la vision nationale, tout a été jusque-là assez bien pensé et surtout mis en action avec une « nya » qui a vraiment fait la différence. Quant au fait de planter un million d’arbres en une journée, j’y vois surtout un message politique fort, de mobilisation citoyenne, en ces temps de grandes perturbations autour de nos frontières. On va dire que le patriote est solidaire, mais l’écologiste reste malgré tout assez dubitatif sur le bienfondé environnemental d’une telle action sensationnelle. »
Selon vous, quels sont les impacts concrets de ces initiatives pour l’environnement à Oran et en Algérie ?
« A vrai dire, c’est plutôt l’amont et l’aval de cette campagne que je trouve très encourageants. Tout d’abord, il y a un vrai récit écologique qui est en train de se construire autour de cette initiative qui a fait preuve de beaucoup de maturité jusqu’à présent. Un message fort avec des mots simples et des actes efficaces. C’est un grand pas de franchi pour l’environnement et l’écologie en Algérie. C’est une véritable réappropriation de l’espace publique et des espaces naturels qui est essentielle pour que le développement d’une culture environnementale authentiquement algérienne. C’est cette exemplarité que doit surtout retenir notre société, celle de la qualité et de la persévérance, bien plus que celle de la quantité et de la performance médiatique. L’écologie et le développement durable en Algérie doivent être imprégnés de l’esprit du « Moul ed Dar » et non du « Moul el Aars ». C’est le message que j’aimerais profiter de faire passer à nos autorités qui doivent surtout continuer à soutenir et mobiliser ces associations durant toute l’année. »
O.A.N
