Fruit roi de la saison: La grenade célèbre la générosité de la terre

Fin octobre 2025. Dans les fermes situées à Boutlélis, Tafraoui et Aïn El-Turk, les grenadiers se parent de fruits ronds, rouges et brillants. La pleine saison de la grenade bat son plein, marquant le début de la récolte annuelle. L’air frais du matin se mêle à l’odeur légèrement acidulée des fruits et à celle de la terre humide, créant une atmosphère caractéristique de cette période.
Les vergers, étalés sur des parcelles allant de quelques centaines de m² à plusieurs hectares, affichent des rendements estimés à une dizaine de tonnes par hectare pour les exploitations les mieux entretenues. Le fruit, symbole de fertilité et de prospérité, est attendu dans les foyers comme sur les étals des marchés.
Sur les marchés de gros d’Oran, le kilo de grenade se négocie actuellement entre 90 et 120 DA, selon la taille et la qualité. À la ferme, le prix peut être légèrement inférieur, autour de 70 DA/kg, permettant aux producteurs d’écouler rapidement leurs récoltes. La saison 2025 est jugée favorable, avec une production jugée « exceptionnelle », offrant de nouvelles perspectives pour la distribution locale et l’exportation vers d’autres wilayas et pays du Maghreb.
Ali, vendeur de fruits à Belgaïd, raconte : « Cette année, les grenades sont magnifiques. Les clients viennent tôt le matin pour les choisir. On voit bien que la qualité est meilleure que l’an dernier, et ça attire même des acheteurs de l’extérieur d’Oran. Pour nous, c’est la période la plus importante de l’année. »
Le processus de récolte reste méthodique : les fruits fendus ou insuffisamment mûrs sont retirés, puis les grenades sont transportées vers des hangars ombragés avant d’être acheminées vers les marchés. La conservation reste un défi : en l’absence de chambres froides adaptées, le fruit ne peut être stocké longtemps, bien que des études indiquent qu’une température contrôlée autour de 4,5 °C permette de prolonger la durée de vie jusqu’à six mois.
Les grenadiers, en production optimale, continuent de porter leurs fruits jusqu’à 10 à 12 ans, assurant une rentabilité sur le long terme. Mais la filière fait face à des contraintes : manque d’infrastructures, maladies pouvant affecter les arbres et variations de prix liées à la surproduction.
Dans les foyers oranais, la grenade reste plus qu’un simple fruit : elle symbolise l’abondance, le partage et la saison froide qui approche. Les fruits rouges éclatants trouvent leur place sur les tables, dans les paniers, et préparent les habitants à savourer pleinement cette période de récolte, tandis que les étals des marchés s’animent et se remplissent des caisses soigneusement préparées par les producteurs.
O.A Nadir

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