Importation des moutons pour l’Aïd : Le prix plafonné à 50.000 DA

À l’approche de l’Aïd al-Adha, la question de l’importation des moutons revient au centre des débats publics et de l’intérêt de l’Etat avec sa programmation au menu du Conseil des ministres de ce dimanche. Invité de la Chaîne 3 de la Radio nationale, l’expert en agriculture et ancien cadre du ministère, Mustapha Benaoui, a défendu cette opération qu’il juge « indispensable » pour l’équilibre du marché national et la préservation du cheptel ovin.
Cette mesure s’inscrit dans la continuité de la décision prise en 2025 par le président Abdelmadjid Tebboune, qui avait fixé un plafond de 50 000 dinars pour le prix du mouton importé. L’objectif était de protéger le pouvoir d’achat des ménages face à une flambée des prix sur les marchés à bestiaux, où les tarifs atteignaient entre 150 000 et 200 000 dinars. Pour Benaoui, cette orientation présidentielle constitue une réponse sociale forte, garantissant l’accès au sacrifice rituel pour le plus grand nombre et limitant les dérives spéculatives.
Au-delà de l’aspect social, l’expert rappelle que l’Algérie est engagée dans une stratégie de reconstitution du cheptel ovin national, fortement réduit par les sécheresses et la désertification des zones steppiques. Dans les années 1980, le pays comptait entre 25 et 30 millions de têtes, contre environ 18 millions aujourd’hui, dont une majorité de brebis. L’importation apparaît donc comme une solution transitoire pour répondre à une demande saisonnière estimée à près de six millions de têtes d’ici la fin de l’été, tout en évitant de sacrifier une part trop importante de l’effectif mâle disponible.
Mustapha Benaoui insiste sur la nécessité d’intensifier les contrôles afin de prévenir la fraude, la contrebande et la spéculation. Il propose d’associer davantage les éleveurs, notamment ceux des régions steppiques, à la gestion et à la commercialisation des moutons importés, en raison de leur expertise et de leur connaissance des règles du marché à bestiaux.
Enfin, l’expert attire l’attention sur l’enjeu de l’alimentation du cheptel importé. L’arrivée d’un million de têtes nécessiterait près de 100 000 tonnes d’orge, soit environ 500 à 600 grammes par jour et par animal.
G. Salima

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