Aquaculture : 46 millions d’alevins ensemencés en 2025

Le directeur général de la Pêche et de l’Aquaculture au ministère de l’Agriculture et du Développement rural, Miloud Taria, a annoncé l’ensemencement de 46 millions d’alevins durant la campagne 2025, soit une hausse de 50 % par rapport aux saisons précédentes. Un record qui traduit, selon lui, le succès de la stratégie nationale visant à diversifier l’économie de manière durable et à renforcer la sécurité alimentaire tout en réduisant la dépendance aux importations.
Invité de la Radio nationale, M. Taria a précisé que l’Algérie compte actuellement 27 projets aquacoles marins en activité, avec plusieurs extensions engagées par des investisseurs privés.
L’Algérie mise principalement sur la daurade royale et le loup de mer dans les élevages marins, ainsi que sur le tilapia rouge dans les eaux douces. Des projets de crevetticulture sont également en préparation, en partenariat avec le Japon, après les résultats concluants des expérimentations récentes.
Le responsable a souligné que plusieurs initiatives sont lancées pour soutenir le développement de l’aquaculture dans les wilayas de l’intérieur, notamment à Chlef, pionnière dans l’élevage du tilapia. L’objectif, a-t-il dit, est de développer des bassins mixtes pour le tilapia et la crevette, en vue de diversifier la production et d’assurer la durabilité des ressources marines.
Le ministère œuvre aussi à la mise en place de chaînes industrielles d’accompagnement — notamment la fabrication d’aliments pour poissons, la transformation et le conditionnement des produits — afin de réduire la dépendance du secteur aux marchés internationaux.
« Nous investissons massivement dans la production locale d’aliments et d’alevins pour éviter toute perturbation liée à l’instabilité des marchés mondiaux », a expliqué M. Taria.
Il a ajouté que l’Algérie dispose du potentiel pour devenir un pôle régional majeur en aquaculture, particulièrement dans les régions sud et intérieures, où les conditions naturelles sont favorables. L’ambition affichée : mettre fin à l’importation des poissons d’eau douce et renforcer la production nationale durable.
Pour rappel, le ministère a réalisé en 2024 un recensement national des bassins d’irrigation, destiné à servir de base pour l’extension des activités aquacoles à travers des contrats de performance par wilaya. Ces données alimenteront le plan national d’expansion de l’aquaculture, notamment via la création de coopératives locales réunissant agriculteurs et jeunes diplômés des instituts de la pêche.
Le projet de loi de finances 2025 introduit par ailleurs un nouveau régime d’incitations incluant les femmes au foyer, afin de favoriser l’entrepreneuriat aquacole.
Le directeur a enfin évoqué le 10e Salon international de la pêche et de l’aquaculture, prévue à Oran du 6 au 9 novembre 2025, qui réunira 180 exposants, dont 17 délégations étrangères, avec le Sultanat d’Oman comme invité d’honneur. Plus de 38 start-up nationales y prendront part, aux côtés d’experts internationaux, pour présenter les dernières innovations technologiques et débattre, à travers 10 ateliers scientifiques, de la gestion durable des ressources halieutiques et du développement de partenariats régionaux.
T. Feriel
