Code de la route : De nouvelles dispositions pour limiter la casse

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a présidé ce dimanche une réunion du Conseil des ministres centrée, entre autres, sur l’avant-projet de loi relatif au nouveau code de la route. Le texte, qui comporte 193 articles dont plus de 50 mesures nouvelles, vise à renforcer les contrôles, élargir les missions des forces de sécurité, et imposer des examens médicaux et techniques plus fréquents aux conducteurs et véhicules.
Les amendements portent notamment sur la facilitation de l’action judiciaire et des corps de sécurité dans les procédures d’infraction ; l’accréditation d’agents assermentés chargés des contrôles et enquêtes d’accidents ; l’instauration d’examens médicaux périodiques et inopinés pour tous types de transports ; l’équipement des agents de contrôle avec des moyens technologiques (paiement électronique des amendes, tests de dépistage de drogue, contrôle du poids des véhicules) ainsi que la mise à niveau des auto-écoles, des conducteurs et des dispositifs de sécurité routière.
Des mesures prises pour endiguer une véritable hémorragie sur le bitume où chaque jour apporte avec lui son lot de morts et de blessés. En 2024, l’Algérie a enregistré environ 3 740 décès et 35 556 blessés sur ses routes, marquant une hausse importante par rapport à 2023. Ainsi, on a comptabilisé 26 272 accidents corporels en 2024, soit une augmentation d’environ 15 % par rapport à l’année précédente. En 2025, l’Algérie a enregistré plus de 2 600 morts et plus de 25 000 blessés sur les routes pendant les huit premiers mois de l’année.
Le facteur humain est prépondérant, puisqu’il est estimé qu’il est à l’origine de plus de 96 % des accidents selon les autorités de sécurité routière.
Le chef de l’Etat a par ailleurs ordonné d’accélérer l’adoption du nouveau code de la route afin de doter les institutions de contrôle des outils juridiques et technologiques nécessaires ; de veiller à une coordination accrue entre les services de sécurité, la justice et l’administration routière ainsi que d’engager un dispositif de suivi, notamment par la numérisation des données d’accidents et des contrevenants, afin d’orienter les politiques publiques en temps réel.

Une priorité nationale

L’objectif annoncé est clair : faire de la sécurité routière une priorité nationale, réduire significativement le nombre de morts et de blessés, et garantir aux citoyens une meilleure protection sur les axes routiers.
Par ailleurs, le Conseil a approuvé le projet de loi fixant les règles générales relatives aux services de confiance pour les transactions électroniques et à l’identification électronique. Ce texte vise à sécuriser juridiquement les échanges électroniques, faciliter l’authentification numérique des usagers et encourager la digitalisation des démarches administratives et commerciales. A ce sujet, le Président a donné instruction de poursuivre la mise en conformité avec les standards internationaux et d’accompagner les administrations et le secteur privé dans la mise en œuvre opérationnelle.
Concernant le raccordement électrique des grands projets agricoles, le ministre de l’Énergie a présenté un état de la situation : 100 432 exploitations agricoles ont d’ores et déjà été raccordées à l’électricité, et plusieurs projets d’investissement stratégique (avec des partenaires internationaux) ont été alimentés en électricité et gaz dans les délais. Le chef de l’Etat a ordonné un suivi rigoureux du projet d’interconnexion Nord-Sud et demandé d’orienter le surplus de production électrique vers l’exportation (Europe/Afrique) lorsque la capacité le permettra.
Enfin et pour soutenir la campagne agricole et accélérer la modernisation du secteur, le Conseil a autorisé l’importation immédiate de moissonneuses et de machines de semis, y compris des machines d’occasion de moins de cinq ans destinées à la récolte du maïs et des oléagineux. Le Président a aussi demandé la préparation d’un nouveau projet de loi d’orientation agricole pour organiser durablement la filière avec l’appui d’experts. L’accent est mis sur le remembrement, la planification des cultures stratégiques et l’amélioration de la logistique pour réduire la dépendance aux importations.
G. Salima

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