Maîtrise des vaccins : Entre enjeu sécuritaire et souveraineté nationale

La maîtrise des vaccins constitue un « véritable enjeu sécuritaire » et « relève de la souveraineté nationale », a affirmé, hier, Houcem Korib, président du Groupe de recherche scientifique en virologie (AGERP).
Au micro de l’émission « L’invité du jour » de la Chaîne 3, au lendemain de la signature d’une convention de partenariat entre le groupe Saidal, Madar Holding et l’AGERP pour la création d’un centre de recherche en microbiologie, dédié au développement de vaccins, ainsi qu’une usine de production de vaccins à usage humain et vétérinaire, M. Korib a qualifié ce projet de « stratégique » pour le pays. Ce partenariat permettra à l’Algérie de « se positionner comme un acteur majeur dans le domaine des biotechnologies et de la production vaccinale », a-t-il déclaré.
Dans un premier temps, le centre permettra de contrôler et d’analyser efficacement les vaccins importés, avant de passer à une phase de production locale en vue d’atteindre l’autosuffisance vaccinale. « L’objectif initial est de vérifier l’efficacité et la composition des vaccins importés », a-t-il expliqué, en évoquant l’exemple malheureux d’un vaccin contre la fièvre catarrhale ovine (langue bleue), importé d’Inde et qui s’était révélé contaminé, affectant le cheptel algérien.
Dans cette optique, un centre d’expérimentation animale est en cours de création à Biskra. Il offrira aux chercheurs algériens l’opportunité de passer de la recherche fondamentale à la recherche appliquée, a précisé l’intervenant. Ce centre se concentrera sur le développement de tous types de vaccins, avec une priorité accordée à la production de vaccins vétérinaires, essentiels pour la santé animale et la sécurité alimentaire.
Conscient de l’importance de ce secteur, tant au niveau national que continental, et lors d’une rencontre entre le ministre de la Santé, Abdelhak Saihi, et le Directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, en avril dernier, l’Algérie avait appelé à la nécessité de soutenir l’idée de créer un centre international de référence pour la vaccination dans la wilaya de Tamanrasset. M. Sahli a aussi évoqué la possibilité de créer un réseau africain de formation dans le domaine de la vaccination, expliquant qu’il enverra, dans les prochains jours, un dossier complet à l’OMS pour étudier les méthodes permettant la mise en œuvre de la proposition de l’Algérie.
L’idée d’établir un centre international de référence en matière de vaccination dans la wilaya de Tamanrasset, et de réfléchir à la possibilité d’adopter de nouvelles méthodes de vaccination, est un enjeu d’importance pour l’Algérie, étant donné que cette vaste wilaya se trouve à la frontière avec le pays du Sahel, et constitue un point de chute pour les immigrés clandestins, avec le risque de propagation d’épidémies.
Rappelons que lors de l’automne 2024, l’Algérie a connu un sévère épisode épidémiologique avec l’apparition de foyers de paludisme et de diphtérie dans plusieurs localités de l’extrême sud du pays qui ont fait une quarantaine de décès.
M. Salah
