Les crimes environnementaux seront recensés

L’Algérie a franchi, lundi, une nouvelle étape dans la préservation de sa mémoire nationale en installant à Alger une commission nationale multisectorielle dédiée à la documentation des crimes environnementaux commis pendant la colonisation française. Elle sera chargée d’identifier scientifiquement les zones touchées par la politique de la terre brûlée, les destructions écologiques et les pratiques qui ont laissé des séquelles encore visibles aujourd’hui.
La commission a été installée au ministère de l’Environnement, en présence de la ministre Kawther Krikou, du ministre des Moudjahidine Abdelmalek Tacherift, et du conseiller du président de la République chargé de l’énergie et du climat, Amine Mazouzi.
Le projet, baptisé « Mémoire environnementale du colonialisme », fait suite aux recommandations du colloque national du 3 novembre consacré aux impacts écologiques de la colonisation en Afrique, avec l’Algérie comme étude de cas.
Composée de représentants de nombreux secteurs – Défense nationale, Intérieur, Transports, Agriculture, Ressources en eau, Enseignement supérieur, Santé et Pêche – la commission sera pilotée conjointement par le Centre national d’études sur le mouvement national et l’Observatoire national de l’environnement et du développement durable.
Pour la ministre de l’Environnement, ce projet constitue une « pierre angulaire » dans la construction d’une mémoire environnementale algérienne. « L’environnement n’est pas un champ de bataille, mais un espace de vie et de stabilité », a-t-elle rappelé, en évoquant les zones ravagées par la colonisation et les conséquences persistantes pour les populations locales.
Les responsables ont souligné que ce travail doit s’appuyer sur des études scientifiques afin de mesurer précisément les dégâts causés par les pratiques coloniales contraires au droit international.
L’objectif : établir un inventaire national et constituer une base de données qui fera référence au niveau africain.
En marge de la cérémonie, un guide scientifique intitulé « Témoin oculaire » a été lancé. Il rassemble des témoignages, des recherches et des analyses sur les crimes écologiques commis en Algérie durant la colonisation.
G.S

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