Normes du Codex Alimentarius : Deglet Nour s’impose à Rome

L’Algérie vient de remporter une victoire majeure sur la scène agroalimentaire internationale. À l’occasion de la 48ᵉ session de la Commission du Codex Alimentarius, organisée au siège de la FAO à Rome du 10 au 14 novembre, la délégation algérienne a réussi à intégrer les caractéristiques qualitatives de ses dattes, en particulier la variété emblématique Deglet Nour, dans la nouvelle norme internationale relative aux dattes fraîches, a indiqué le ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché
national.

Cette adoption marque l’aboutissement d’un travail technique mené depuis plusieurs années, visant à faire reconnaître la spécificité d’un produit considéré comme un symbole national et un atout économique stratégique.
L’intégration des particularités de la Deglet Nour dans les standards du Codex n’est pas qu’une victoire symbolique. Elle ouvre la voie à une amélioration notable de la compétitivité des dattes algériennes sur des marchés soumis à des critères stricts, notamment en Europe, en Amérique du Nord et en Asie. Les normes du Codex Alimentarius servent en effet de référence mondiale pour les échanges commerciaux. Leur adoption facilite l’accès aux marchés exigeants, où la conformité documentaire est indispensable ; la réduction des barrières non tarifaires, souvent utilisées pour freiner l’entrée de produits agricoles ainsi que la protection des producteurs locaux contre les imitations ou les produits de moindre qualité.
Pour la Deglet Nour, régulièrement concurrencée par des produits calibrés ou transformés issus d’autres pays, cette reconnaissance constitue un outil de valorisation essentiel.
La datte représente l’un des rares produits agricoles algériens massivement exportés. L’Algérie, premier producteur mondial de Deglet Nour, ambitionne depuis plusieurs années d’accroître sa part de marché dans un secteur dominé par une concurrence régionale intense, notamment celle de la Tunisie.
Ainsi, l’inclusion des spécificités algériennes dans la norme internationale pourrait permettre une augmentation des volumes exportés, grâce à une confiance accrue des importateurs ; une meilleure valorisation des prix, en raison de la reconnaissance de la qualité et du cahier des charges ainsi qu’une diversification des débouchés vers des marchés où les normes sont un préalable incontournable.
Cette avancée renforce également les efforts de l’État en matière de transition économique, visant à promouvoir des filières agricoles capables de réduire la dépendance aux hydrocarbures.

Un arbitre mondial des normes alimentaires

La délégation algérienne était composée d’experts du ministère du Commerce, du ministère de l’Agriculture et du ministère de l’Enseignement supérieur. Elle a apporté des contributions scientifiques détaillées sur la composition, la texture, la teneur en sucres, l’innocuité et les caractéristiques organoleptiques des dattes algériennes.
Ces arguments, présentés lors des séances de débats techniques, ont permis d’intégrer dans la version finale de la norme les éléments distinctifs de la Deglet Nour dont sa translucidité, son calibre particulier, son goût spécifique et ses critères de maturation.
Au-delà des avantages commerciaux, cette décision va permettre aux producteurs algériens de se positionner comme un référent international en matière de dattes de qualité. Elle renforce par ailleurs la crédibilité des instituts algériens chargés de la normalisation et confirme la capacité de l’Algérie à peser dans les débats techniques internationaux.
Créé en 1963 par deux agences onusiennes – l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) –, le Codex Alimentarius constitue aujourd’hui la référence mondiale en matière de normes alimentaires. Son rôle est central pour garantir la sécurité sanitaire des aliments, mais aussi pour faciliter les échanges commerciaux à l’échelle internationale.
Les normes du Codex sont utilisées par l’Organisation mondiale du commerce comme base juridique dans le règlement des différends commerciaux liés à la sécurité des aliments. Ainsi, et concrètement, un pays ne peut refuser l’importation d’un produit conforme au Codex sans justification scientifique solide.
De nombreux États imposent des normes strictes à l’importation. Lorsqu’un produit respecte les standards du Codex, il devient beaucoup plus difficile pour un pays importateur d’opposer des restrictions techniques.
Pour les dattes algériennes, cela signifie moins d’obstacles bureaucratiques, des contrôles simplifiés et une plus grande acceptation automatique sur les marchés exigeants.
Par ailleurs, le Codex fixe les critères relatifs à l’hygiène, la composition, les additifs autorisés, la présentation ainsi que les méthodes d’analyse. Et lorsqu’un produit y figure, il bénéficie d’un label de confiance mondiale.
Pour les États en quête de diversification économique, l’inscription d’un produit dans les normes du Codex constitue une étape cruciale. Elle permet de renforcer la visibilité du produit sur les marchés internationaux ; de protéger la qualité et l’authenticité, en évitant les contrefaçons ou les substitutions ; de stabiliser les exportations, car les acheteurs étrangers s’appuient sur les spécifications du Codex pour rédiger leurs cahiers des charges et de favoriser la conclusion de nouveaux accords commerciaux.
G. Salima

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