Trafic de kif : 20 ans par contumace pour « Baghrira »

Sept des huit accusés impliqués dans une vaste affaire de trafic international de stupéfiants par bande criminelle organisée ont comparu cette semaine devant le tribunal criminel d’appel d’Oran. A l’issue des délibérations, deux prévenus ont été acquittés, tandis que cinq autres ont été condamnés à neuf ans de réclusion criminelle.
La peine la plus sévère, soit vingt ans de réclusion, a été prononcée par contumace à l’encontre de M. Sid Ali, plus connu sous le surnom d’« Alilou Baghrira ». Un mandat d’arrêt international a été émis à son encontre, l’homme étant considéré comme le cerveau de ce trafic de cannabis, d’ecstasy et de drogues dures, organisé depuis le Maroc où il s’est réfugié il y a près de sept ans.
L’affaire remonte au 14 juillet 2023, lorsque les services de sécurité ont reçu des informations concernant un important réseau de contrebande opérant entre le Maroc et l’Algérie, ciblant principalement la région de Béchar avant de remonter vers Oran. Ce réseau prévoyait d’acheminer une importante quantité de kif envoyée par « Baghrira ».
L’enquête, menée par les services de sécurité avec l’appui des douanes, a rapidement permis d’identifier plusieurs membres du réseau. Parmi eux, B. Slimane et B. Bloufa (42 ans chacun), ainsi que M. Larbia surnommé « Tabib » (53 ans), originaire de Debdaba (Béchar) et résidant à Oran, qui était chargé de réceptionner la marchandise.
Placés sous surveillance, les deux premiers prévenus ont été repérés à bord d’un véhicule Citroën sur la route de Chteibo vers Saint-Rémy. Ils ont ensuite rencontré un taxi inter-wilayas. B. Slimane y a pris place et le chauffeur lui a remis la roue de secours du véhicule qui dissimulait les stupéfiants.
Peu de temps après, soit le 15 juillet 2023 à une heure du matin, le premier suspect a été arrêté à Hai Kaboul, à Chteibo, alors qu’il se déplaçait à moto avec la roue de secours. La fouille a permis la saisie de 108 kg de kif de première qualité. Deux autres accusés, S. Mazouz et B. Abdelaziz Aïssa, ont été arrêtés par la suite au niveau de la ville balnéaire de Trouville, où le véhicule Citroën a également été saisi.
Lors de l’enquête, le premier mis en cause a reconnu son implication dans le trafic de kif, cocaïne et psychotropes avec « Baghrira » depuis 2022, expliquant être en contact avec lui via WhatsApp. Le prévenu a également révélé que le baron l’avait aidé après une perte financière suite à une affaire d’importation de chocolat étranger. Les accusés devaient percevoir des sommes allant de 10 à 20 millions de centimes pour leur participation.
Cependant, lors de leur comparution devant le tribunal criminel d’appel, les deux principaux accusés ont minimisé les faits, ne reconnaissant que le grief de transport de stupéfiants, niant tout lien direct avec l’importation ou la direction du réseau. Le reste des prévenus a nié en bloc, affirmant que leurs aveux initiaux avaient été obtenus sous la contrainte.
Zemmouri. L

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