Ce que j’en pense: Pourquoi je suis solidaire de la Palestine
Par Moncef Wafi
« Déluge d’Al Aqsa », ce n’est pas le titre d’un spectacle folklorique sur la désillusion arabe, mais le nom de l’opération de la Résistance palestinienne, lancée depuis hier tôt le matin, contre l’entité sioniste ; Israël selon la terminologie diplomatique. Des milliers de roquettes se sont ainsi abattues sur les territoires occupés, tirées par la branche armée du Hamas. Les combattants palestiniens se sont également engouffrés à l’intérieur des colonies sionistes, enlevant des soldats de l’armée la plus morale du monde. Il a suffi de quelques heures pour que le mythe de l’invincibilité de Tsahal, qui fait trembler les dentiers des rois arabes, ne soit désintégré par une Résistance que le monde occidental, à travers ses médias mainstream, veulent estampiller Hamas.
Ce bicéphalisme étant également entretenu par les régimes arabes au garde-à-vous qui ont fait de l’aide pour le peuple palestinien, un odieux chantage pour solder les feuilles de route de leurs maîtres. Cette volonté de cataloguer les Palestiniens entre le Mouvement et l’Autorité contribue à cette logique de division des rangs de la Résistance d’un peuple uni. Parce que Hamas c’est la Palestine, et la Palestine c’est Hamas lorsqu’il s’agit de tourner son fusil vers la poitrine de l’ennemi.
La réaction internationale a été à la hauteur du cynisme du monde occidental qui a pris fait et cause pour Tel-Aviv. Pourtant, on est en droit de s’étonner encore de ces prises de position qui diabolisent tout acte de résistance des Palestiniens. Et celui de tous les mouvements d’auto-détermination.
Ainsi le chef de la diplomatie européenne, l’Espagnol Josep Borrell, a condamné sans équivoque les attaques du Hamas, les comparant à du terrorisme. Il a également exprimé la solidarité de l’Union européenne envers Israël en ces moments difficiles. Même si l’Europe avait murmuré du bout des lèvres que l’extension des colonies sauvages en territoires occupés était illégale, elle n’avait jamais osé « exprimer » sa solidarité envers la Palestine ; elle qui mettait à égalité les frondes des enfants palestiniens avec les Tavors des colombes de Tsahal.
Que faut-il alors attendre du reste du monde ? Rien, nada, walou. Les Palestiniens se battent pour Al Aqsa, ce Lieu Saint que ses prétendus protecteurs perdus au Maroc et en Jordanie, ont vendu. Ils savent qu’ils ne peuvent compter que sur leurs hommes, leurs femmes et leurs enfants pour garder cette dignité que beaucoup d’Arabes leur reprochent parce qu’ils ne l’ont jamais possédé. Les Palestiniens luttent pour leur survie, celle de leur histoire mais aussi pour la Mosquée, celle de tous les musulmans.
Certes, la question palestinienne semble complexe parce que les autres l’ont voulu ainsi, semant le doute sur la cohésion de la Cause et sur l’authenticité des engagements. Pourtant de là à ne pas soutenir la Palestine, quel que ce soit l’événement et ses circonstances, il n’y a qu’un pas que nombre de vendus de la peau ont franchi. Les hommes, les vrais, se battent les armes à la main alors que près de 200 civils palestiniens ont dormi, hier, en martyr.