Partenariat Afrique–Europe: Le plaidoyer d’Alger

Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a appelé mardi à une réorganisation des priorités du partenariat Afrique–Europe dans le domaine de la paix et de la sécurité. Son intervention s’est tenue lors du 7ᵉ Sommet de coopération entre l’Union africaine (UA) et l’Union européenne (UE), organisé à Luanda.
M. Attaf a souligné que ce sommet se déroule dans un contexte international « erratique et complexe », dont les répercussions touchent directement l’Afrique. Il a mis en garde contre la résurgence des changements anticonstitutionnels de gouvernements, désormais enracinés et compromettant tout retour à l’ordre constitutionnel.
Il a également dénoncé l’aggravation du terrorisme sur le continent, particulièrement dans la région sahélo-saharienne, devenue « l’épicentre mondial » de ce fléau, ainsi que la prolifération des interventions militaires étrangères, qui compliquent et prolongent les crises africaines.
Le chef de la diplomatie algérienne a proposé une réorganisation des priorités du partenariat Afrique–Europe autour de quatre axes : mettre fin à la léthargie internationale face aux défis sécuritaires africains, qui dépassent les frontières et menacent la stabilité mondiale ; réhabiliter le rôle diplomatique africain et promouvoir le principe des « solutions africaines aux problèmes africains », en renforçant l’autonomie de l’UA ; investir dans le développement comme moyen de prévention des crises, en concrétisant les promesses européennes dans le cadre de l’initiative Global Gateway et mettre fin à la marginalisation de l’Afrique dans les centres décisionnels internationaux, une exclusion qui freine la réalisation des objectifs de l’Agenda 2063.
M. Attaf a insisté sur la nécessité de replacer l’Afrique au cœur des priorités internationales, estimant que seule une approche équilibrée et inclusive permettra de répondre efficacement aux défis sécuritaires et de garantir une stabilité durable.
R.N
