Débordements d’eaux usées à la cité Akid Lotfi : Les huiles usagées en question

La cité Akid Lotfi, plus exactement à côté du jardin méditerranéen, a été le théâtre, en fin de la semaine dernière, d’un important débordement des eaux usées, ce qui a nécessité l’intervention des services de la commune et de la SEOR. Un camion déboucheur a été mobilisé pour résoudre la situation jusqu’à une heure tardive de la nuit.
Les personnes présentes, dont le représentant de la société civile dans cette cité, Yahyaoui Houari, président de l’Association éco-citoyenne, ont soulevé un problème inédit qui est en train d’endommager le réseau d’assainissement. Il s’agit des huiles alimentaires rejetées par les restaurants et les fast-foods, qui, une fois refroidies, se solidifient et obstruent les conduites du réseau d’assainissement, provoquant ainsi des débordements qui peuvent engendrer de nombreux désagréments lors de la saison de fortes chaleurs. «Comme il y a une forte concentration de restaurants et de pizzerias et une grande animation commerciale à la cité Akid Lotfi, ce problème est apparu ces derniers temps malgré la sensibilisation auprès des propriétaires de ces établissements», dira Yahyaoui Houari.
On a bien tenté de trouver une solution en recourant à un récupérateur qui est intervenu auprès des établissements pour collecter les huiles alimentaires usagées et les recycler, mais cette initiative n’a pas convaincu les restaurateurs de la cité Akid Lotfi dont 90% des établissements n’y ont finalement pas adhéré, selon Yahyaoui Houari. Ce qui risque de prolonger ce problème.
Le militant a appelé à la création d’une commission mixte composée des services concernés pour faire une tournée dans ces magasins afin d’amener les commerçants à accepter ce processus et pour voir de près les quantités d’huiles récupérées. «Il faut prendre des mesures dissuasives pour inciter ces commerçants à récupérer ces huiles et ne pas les jeter dans le réseau d’assainissement. Une commission sur le terrain est la seule solution pour remédier à ce problème», a-t-il ajouté. Notons que jeter des huiles alimentaires dans le réseau d’assainissement est une pratique extrêmement nuisible pour l’environnement et les infrastructures. Les huiles, qu’elles soient d’origine végétale ou animale, ne se dissolvent pas dans l’eau et peuvent se solidifier en refroidissant, créant ainsi des obstructions majeures dans les canalisations. Ces obstructions peuvent entraîner des débordements d’eaux usées, des inondations, et nécessiter des interventions coûteuses pour le nettoyage et la réparation des systèmes d’égouts. De plus, lorsqu’elles atteignent les stations d’épuration, les huiles perturbent le processus de traitement des eaux usées. Elles peuvent former une couche en surface, empêchant l’oxygénation nécessaire à la décomposition des matières organiques par les micro-organismes. Cela compromet l’efficacité du traitement de l’eau et, par conséquent, la qualité de l’eau rejetée dans les milieux naturels. L’impact environnemental est également significatif. Les huiles alimentaires rejetées dans les cours d’eau peuvent affecter la faune aquatique, en réduisant l’oxygène disponible et en enrobant les plumes ou la fourrure des animaux, ce qui les empêche de réguler leur température ou de se déplacer normalement. Pour éviter ces conséquences désastreuses, il est essentiel de collecter les huiles alimentaires usagées dans des récipients hermétiques et de les déposer dans des points de collecte spécifiques. Ces huiles peuvent ensuite être recyclées et transformées en biodiesel ou en produits industriels, offrant ainsi une alternative écologique à leur élimination.
Hamza. B
