Ce que j’en pense: Lorsqu’un œuf prend des ailes, la sardine se sent crevette

Pourquoi le prix des choses ne baisse jamais chez nous ? La question est purement rhétorique puisque je n’attends pas de réponse de chez vous. Partout dans le monde, sur la lune ou sous la calotte glacière, les prix obéissent à des principes de l’offre et de la demande. Partout à l’exception de nos commerçants dont la logique a remplacé depuis longtemps celle des marchés mondiaux des matières premières. La courbe, chez eux, est de nature exponentielle, qui augmente de manière continue et très rapide. Quand elle n’est pas saisonnière, elle est conjoncturelle et, en dehors du calendrier, elle est simplement vorace et vénale. Nos commerçants, à nous, ne cherchent qu’à faire du profit à tout prix, sur le dos de leurs clients, de l’économie nationale et du civisme inexistant. A l’ouverture de la chasse aux pigeons, ils sont aux premières lignes, des snipers dissimulés derrière leurs registres de commerce prêts à presser sur la détente aux premiers signes d’une embellie financière. Ils ne sont jamais rassasiés, ogres sans fonds ; prédateurs sans conscience en perpétuelle embuscade. Ils planifient, calculent, scrutent, se concertent puis fondent, toutes serres dehors, sur leurs proies sans défense immunitaires. Nos marchés sont désormais devenus de véritables champs de mines personnelles ; le budget, une feuille de route en temps de crise et les prix, des armes de destruction massive. Les pères et mères de famille, des victimes expiatoires des appétits insatiables d’une caste de vampires DZ. Toutes les explications pour des hausses injustifiées trouvent grâce à leurs yeux. De la spéculation, aux caprices de la météo, en passant par les taxes casse-pattes et l’absence de contrôle, ils ont réponse à tous nos points d’interrogations. Un dinar par ci, deux autres par là, vingt autres au virage et 100 plus loin, ils ne connaissent aucune limite, chassant en dehors des dates légales, dépassant la bonne séance et aiguisant leurs machettes sans jamais les remettre au fourreau. Été comme hiver ; mois de jeûne comme le reste de l’année ; fêtes religieuses ou jours fériés, l’effet instantané est celui du domino. Les prix sont au galop alors que le citoyen, déjà à genoux, finit le trajet en rampant.

>> Par Moncef Wafi

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