Emigration clandestine 12 ans de réclusion pour des passeurs
Le tribunal criminel d’appel a condamné K. Zine El Abidine et S. Houari, à une peine de douze ans de réclusion criminelle pour leur implication dans une affaire de programmation de voyages clandestins et de blanchiment d’argent.
Les faits remontent au 10 octobre 2023, lorsque les services de sécurité ont reçu un appel d’un citoyen signalant la présence de plusieurs individus sur la plage de Bousfer, en train de se préparer à un départ clandestin par mer.
Dépêchés sur les lieux, les éléments de la gendarmerie ont constaté la présence de trois personnes près du grillage séparant la plage publique de celle militaire d’El Mordjane. A la vue des gendarmes, les trois individus ont pris la fuite. Le premier mis en cause a néanmoins été rapidement appréhendé. Lors de son interpellation, il a tenté de détruire son téléphone portable.
Quelques instants plus tard, le second prévenu, qui s’était jeté à la mer pour tenter d’échapper aux forces de l’ordre, a également été arrêté. Le troisième individu, quant à lui, est parvenu à prendre la fuite.
Lors de son audition, le second accusé a déclaré s’être trouvé ce jour-là sur la plage de Bousfer. En apercevant les gendarmes, il aurait plongé dans l’eau par crainte d’être interpellé. Il a affirmé qu’il attendait l’arrivée de son neveu à bord d’une embarcation ayant quitté le port de Bouzedjar. Toutefois, à proximité de l’île Paloma, il aurait rencontré des pêcheurs à bord d’un petit bateau. Ces derniers l’auraient agressé, volé son embarcation et jeté à l’eau, avec son frère et un ami. Ils auraient alors nagé jusqu’au rivage, où ils ont trouvé une dizaine de personnes munies de jerricans de carburant, s’apprêtant à embarquer à bord de ce qu’il affirme être son propre bateau. Il a également expliqué qu’au moment de l’agression, il avait laissé à bord une sacoche contenant ses papiers d’identité. Il a nié tout lien avec l’organisation de voyages clandestins ou avec les «harraga». Le premier accusé, pour sa part, a également nié toute implication. «Ce jour-là, je me trouvais effectivement sur la plage de Bousfer, mais je me rendais simplement vers une boîte de nuit», a-t-il déclaré à la barre.
Devant le tribunal criminel, les deux prévenus ont maintenu leurs déclarations. Le représentant du ministère public a requis à leur encontre une peine de quinze ans de réclusion criminelle. La défense a plaidé la non-culpabilité, soutenant que le simple fait de se trouver sur cette plage ne prouve en rien leur implication dans l’organisation de traversées clandestines.
Zemmouri L.