Groupe A3+, au Conseil de sécurité : « Le noyau du multilatéralisme africain »
Le président de la Commission de l’Union Africaine (UA), Mahmoud Ali Youssouf, a affirmé lundi à Alger que le groupe A3+, au Conseil de sécurité des Nations unies, représente bien plus qu’un simple mécanisme de coordination : c’est « le noyau du multilatéralisme africain » et le « pont unique » entre l’ordre international et l’architecture institutionnelle du continent.
Intervenant lors de la 12ᵉ session du Séminaire de haut niveau sur la paix et la sécurité en Afrique — le processus dit « Processus d’Oran » — M. Youssouf a souligné l’importance du groupe (Algérie, Somalie, Sierra Leone et Guyana), en période de fortes tensions entre grandes puissances, affirmant qu’il joue le rôle de « trait d’union indispensable » pour préserver la voix africaine sur la scène mondiale.
« Lorsque l’Afrique parle d’une seule voix, elle influence les décisions ; lorsqu’elle se divise, elle disparaît », a-t-il martelé.
Pour M. Youssouf, l’unité de position entre États africains n’est pas un choix politique mais un impératif stratégique. Il a plaidé pour un renforcement de la coordination entre l’UA et l’Organisation des Nations unies (ONU), afin de rendre le partenariat dans les domaines de la paix, de la sécurité et du développement plus prévisible, cohérent et structuré — citant comme base juridique la résolution 27/19.
Sur le plan sécuritaire, il a alerté sur la recrudescence du terrorisme dans plusieurs zones sensibles du continent — du Sahel à la Corne de l’Afrique, du bassin du Lac Tchad au Mozambique — appelant le Conseil de sécurité à assumer pleinement ses responsabilités. Il a dénoncé les ingérences extérieures qui, selon lui, compliquent la résolution des crises africaines, et insisté sur le fait que les solutions doivent venir de l’Afrique elle-même, dans le respect de la souveraineté des États et du droit international.
Mahmoud Ali Youssouf a plaidé pour une justice réparatrice, notamment en ce qui concerne les crimes historiques liés à l’esclavage et au colonialisme. Il a réclamé, dans ce cadre, la réforme du Conseil de sécurité afin d’attribuer à l’Afrique deux sièges permanents avec droit de veto et plusieurs sièges non permanents, comme condition d’une réparation historique et d’une représentation juste.
Le président de l’UA a également évoqué l’activisme diplomatique récent du continent — citant la conférence internationale TICAD à Tokyo, le sommet G20, ainsi que le 7ᵉ sommet UA–UE à Luanda — comme des jalons importants pour porter la voix africaine sur la scène mondiale. Il a annoncé le renforcement de la mission de l’UA à New-York pour mieux défendre les intérêts africains.
Selon lui, cette conférence du Processus d’Oran constitue une opportunité majeure pour réaffirmer la solidarité africaine, promouvoir la sécurité, et défendre un développement équilibré fondé sur les intérêts stratégiques et géoéconomiques de l’Afrique.
T.F
