Trafic de drogue et harga: De trois ans à perpète pour un réseau
Accusés d’émigration clandestine et de trafic de stupéfiants, neuf personnes — dont deux en fuite — ont comparu devant le tribunal criminel d’Oran. H. Maamar et M. Mohamed Amine ont été condamnés à dix ans de réclusion criminelle. B. Youcef et H. Lakhdar ont écopé de trois ans de prison ferme, tandis que D. Kaddour et B. Ihab ont été condamnés à une année de prison avec sursis. Kh. Rabie a été acquitté.
En ce qui concerne les deux mis en cause en fuite, H. Abdelhak et H. Houari, la cour a prononcé la perpétuité à leur endroit.
L’affaire remonte au 8 novembre 2023, lorsque des informations ont fait état d’une importante quantité de drogue dure et de psychotropes importée d’Espagne via des embarcations utilisées pour la harga. Cette marchandise illicite avait été dissimulée dans les domiciles des frères H. Abdelhak, Houari et Lakhdar, situés à Cap Falcon.
Une descente des services de sécurité dans ces habitations, où se trouvait B. Youcef, a permis de saisir une embarcation destinée au transport de harraga ainsi que des jerricans de carburant. Interpellé, B. Youcef a expliqué ne se trouver sur les lieux que pour voler le moteur de l’embarcation.
Les investigations ont permis d’identifier d’autres membres du réseau. Parallèlement, deux jeunes hommes se sont présentés pour porter plainte contre ce groupe criminel. Ils ont affirmé que ses membres leur avaient proposé d’organiser leur passage clandestin vers l’Espagne. Selon l’un d’eux, les faits remontent à août 2023 : il s’était rendu dans une maison à Cap Falcon avec d’autres jeunes, où un passeur leur avait proposé un trajet vers l’Espagne pour 50 millions de centimes, à bord d’une embarcation équipée d’un moteur de 85 chevaux. Il leur avait également présenté un homme d’âge mûr présenté comme le pilote du bateau.
L’enquête, appuyée par la triangulation des appels téléphoniques, a établi que ce réseau n’organisait pas seulement des traversées clandestines, mais se livrait aussi au trafic d’ecstasy importé d’Espagne à bord des bateaux transportant les harraga.
A la barre, les mis en cause ont nié toute implication dans le trafic de stupéfiants et l’organisation de voyages clandestins, affirmant qu’ils se contentaient « d’escroquer » les candidats à la harga en leur promettant des traversées fictives. Le représentant du ministère public a requis 20 ans de réclusion contre l’ensemble des prévenus. La défense, pour sa part, a plaidé la non-culpabilité, soulignant qu’aucune drogue dure ni psychotrope n’avaient été saisies au cours de l’enquête.
Zemmouri L.
