Escalade au Moyen-Orient : La constance de la diplomatie algérienne

Invité de la Chaîne 3 de la Radio nationale, le politologue Mehdi Boukaouma a estimé que nul ne peut anticiper l’ampleur du conflit, tant celui-ci attire chaque jour de nouveaux acteurs issus de différentes régions du monde.

Il a rappelé les appels téléphoniques du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avec plusieurs dirigeants arabes directement concernés, exprimant une vive inquiétude face à la détérioration sécuritaire et son souhait d’un retour rapide à la paix et à la stabilité.
Boukaouma a mis en avant la constance de la diplomatie algérienne, fondée sur les principes de dialogue, médiation, neutralité et non-ingérence, privilégiant toujours la voie diplomatique pour résoudre les crises. Il a également dénoncé l’affaiblissement du rôle de l’Organisation des Nations unies, réduite depuis plusieurs décennies à de simples condamnations verbales, et rappelé l’appel de l’Algérie en octobre 2022 à une réforme du système onusien.
Selon lui, la guerre déclenchée aura des répercussions sécuritaires, économiques et politiques considérables, accentuées par l’entrée progressive de nouveaux acteurs internationaux, ce qui rend son évolution imprévisible.
De son côté, le politologue Boumediene Maache, invité également de la Radio nationale, a averti que l’escalade militaire actuelle a un impact direct sur la sécurité régionale et internationale, en raison du rôle stratégique du Moyen-Orient dans l’approvisionnement énergétique mondial.
Il a rappelé que la région détient plus de 50 % des réserves mondiales de pétrole et de gaz, ce qui en fait une véritable « respiration de l’économie internationale », mais aussi une zone marquée par un lourd héritage de conflits historiques.
Selon lui, l’échec des négociations entre les États-Unis et l’Iran a ouvert la voie au recours à la force, aggravant la situation et exposant la région à de nouveaux dangers. Il a insisté sur la nécessité de retourner à la table des négociations et de privilégier la retenue pour surmonter l’impasse.
Maache a aussi souligné que la position de l’Algérie reste constante : appel au dialogue, respect du droit international et rejet de toute ingérence. Il a mis en avant les consultations menées par le président Tebboune avec plusieurs dirigeants arabes, rappelant que la sécurité des pays arabes, et en particulier celle des États du Golfe, constitue une composante essentielle de la sécurité nationale algérienne.
Il a mis en garde contre un élargissement du conflit, susceptible d’impliquer de multiples acteurs et de menacer la stabilité de toute la région. En conclusion, il a rappelé que la diplomatie algérienne se distingue par son refus des alignements et son attachement à la rationalité, convaincue que les conflits ne peuvent être résolus par la guerre mais par la modération et le dialogue sous l’égide du droit international.
T. Feriel

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