Soutien au terrorisme: 5 à 8 ans de prison pour les prévenus

Le tribunal criminel d’appel d’Oran a examiné une affaire portant sur l’apologie d’un groupe terroriste opérant à l’étranger, utilisation des technologies de l’information pour recruter au profit d’une organisation terroriste, collecte illégale de fonds destinés à financer des déplacements vers l’étranger pour soutenir ces groupes, ainsi que blanchiment d’argent. Les Syriens Gh. Mouayad et B. Mohame ainsi que D. Moussa, B. Bekkai et S. Khaled ont été condamnés de 5 à 8 ans de prison ferme alors que les prévenus en fuite ont, eux, été condamnés à dix ans de réclusion par contumace. Le parquet avait requis dix ans pour l’ensemble des mis en cause.
Les faits remontent au 23 avril 2020, lorsque les services de la sécurité ont décidé, sur instruction du parquet de Relizane, d’infiltrer des comptes sur les réseaux sociaux afin d’identifier une personne, en Algérie ou à l’étranger, suspectée de faire l’apologie de Daech et de soutenir financièrement ses membres.
Très vite, des suspects ont été identifiés, qui utilisaient principalement les réseaux sociaux pour communiquer et collecter des fonds. L’enquête a également révélé la présence de ressortissants syriens, y compris des femmes établies en Algérie, ainsi qu’une activité de soutien opérant en France et en Espagne. L’enquête a mis en lumière le rôle central de G. Mouayad, résidant à Constantine depuis 2012 et marié à une Algérienne.
Il possédait un compte Facebook sous le nom « Abou Kanan » destiné à recenser les familles syriennes souhaitant quitter les zones de conflit. Les investigations ont établi qu’il entretenait des relations avec des groupes terroristes actifs en Syrie et en Turquie, et qu’il utilisait les comptes postaux d’autres accusés pour recevoir des fonds destinés à l’État islamique.
Arrêté et interrogé, G. Mouayad a nié les faits, affirmant avoir collaboré avec des agents de sécurité en Algérie et n’avoir eu qu’un seul contact avec « Gharib Al-Diyar », autre suspect localisé en Tuquie.
L’accusé A. Anouar, dont la famille est installée en Algérie depuis 1996, possède une entreprise enregistrée au nom de son père. Son frère se trouverait encore dans les zones de conflit en Syrie. Il était soupçonné d’avoir collecté de l’argent pour financer l’organisation terroriste en utilisant les comptes postaux d’Algériens partis en Turquie en 2015.
Le troisième accusé, B. Mohamed, entré en Algérie en 1996, était actif dans le forage de puits et possédait une société privée dans la région de Remchi, à Tlemcen. Il avait obtenu la résidence algérienne, retirée en 2007 en raison d’une activité de forage illégale.
Le prévenu D. Moussa a nié connaître les autres accusés. Chauffeur pour A. Anouar, il a toutefois reconnu avoir effectué des tâches administratives pour lui, dont le paiement de factures. Il a aussi admis que son compte postal a été utilisé en 2019 pour déposer de l’argent. Les montants atteignaient 200 millions de centimes.
L’enquête a montré que ce même compte était utilisé par un individu surnommé « Abou Aqab » pour transférer de l’argent. Il avait déjà été condamné en 1998 pour adhésion à un groupe terroriste dans la wilaya de Tlemcen.
Zemmouri L.

 

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