Sensibilisation, éducation et déradicalisation: Le terrorisme affaibli idéologiquement

Invité de la Chaîne 3 de la Radio nationale, le docteur d’État en sciences politiques et spécialiste des questions de sécurité, Mohamed Saïd Benazouz, a salué ce mercredi les efforts constants de l’Armée nationale populaire (ANP) dans la lutte antiterroriste, malgré les pertes humaines enregistrées récemment à Tébessa.
Selon lui, « le terrorisme en Algérie ne bénéficie plus d’un ancrage idéologique », ajoutant que « le terrorisme n’a plus d’avenir chez nous sur le plan doctrinaire ». Il a attribué cette évolution aux politiques de sensibilisation, d’éducation religieuse et de déradicalisation, qui ont permis au peuple algérien de distinguer clairement entre l’islam et l’islamisme, réduisant ainsi l’influence des discours extrémistes.
Abordant la question des frontières, longues de plus de 7 500 kilomètres, Benazouz a reconnu la complexité de leur sécurisation, tout en saluant le déploiement massif de l’ANP. Il a relevé un impact positif sur le plan sociétal, marqué par le développement progressif des régions frontalières.
Sur le plan international, il a mis en avant le modèle algérien de lutte antiterroriste, fondé sur une approche souveraine et intégrant des mécanismes de repentir. Il a insisté sur la nécessité de maintenir une pression sécuritaire constante, tout en laissant ouverte la possibilité de réintégration.
Concernant la contrebande et le narcotrafic, l’expert a alerté sur l’ampleur du phénomène, rappelant que l’Algérie est devenue une cible privilégiée des réseaux criminels. Il a évoqué les flux de cannabis en provenance du Maroc, estimant qu’il existe une volonté d’« inonder l’Algérie » afin de fragiliser son tissu social. Il a souligné que ces trafics s’adaptent aux pressions sécuritaires en empruntant de nouvelles routes, notamment africaines.
Enfin, Benazouz a insisté sur l’importance d’une approche globale combinant sécurité et développement. « Le terrorisme est une sorte de parasite qui exploite les zones négligées », a-t-il expliqué, appelant à renforcer les politiques de développement, d’éducation et de sensibilisation pour contrer durablement ces menaces.
Ch.G
