Après Sansal: Tebboune gracie Belghit

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a signé, ce lundi un décret présidentiel par lequel il a accordé une grâce totale portant sur le reliquat de la peine au détenu définitivement condamné, Mohamed El Amine Belghit.
Cette grâce s’appuie sur la base de la Constitution, notamment de ses articles 91 (alinéas 7 et 8) et 182, et sur la base de l’avis consultatif émis par le Conseil supérieur de la magistrature, conformément aux dispositions de l’article 182 de la Constitution.
Rappelons qu’après plusieurs mois de procédures, la Cour suprême avait rendu son arrêt final la semaine dernière en rejetant le pourvoi en cassation introduit par la défense de Belghit.
Cette décision avait confirmé la peine initiale prononcée le 3 juillet de cinq ans de prison ferme pour « actes visant l’unité nationale en attaquant les symboles de la nation et de la République », et la diffusion d’un discours de haine via les technologies de l’information, ainsi que la décision en appel, rendue le 7 octobre de 3 ans de prison ferme et 2 ans avec sursis.
L’affaire remonte au 1er mai, lorsque Belghit, invité sur la chaîne Sky News Arabia, avait tenu des propos vivement contestés. Il affirmait notamment que « l’amazighité est un projet franco-sioniste ». Déclenchant une indignation immédiate et une large diffusion sur les réseaux sociaux.
Le parquet de Dar El Beïda avait alors annoncé l’ouverture d’une enquête. Soulignant que ces propos portaient atteinte à l’unité nationale.
Le chef de l’Etat avait gracié, en novembre dernier, Boualem Sansal en répondant favorablement à la demande formulée par son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier. L’écrivain franco-algérien a été condamné à cinq ans de prison en Algérie, en mars dernier pour atteinte à la sûreté de l’État. Sentence confirmée en appel, en juillet 2025.
T. Feriel
