Apologie du terrorisme : Quatre ans de prison pour des partisans de Daesh
Le tribunal criminel d’appel a récemment confirmé la condamnation à quatre ans de prison ferme de 14 accusés (sur les 28 poursuivis), dans une affaire d’apologie du terrorisme et d’utilisation des technologies de communication pour recruter des jeunes au profit de groupes terroristes activant à l’étranger. Les autres accusés ont été acquittés, là aussi, conformément au verdict prononcé en premières instance.
Les faits remontent au 12 décembre 2022, lorsque les services de sécurité ont procédé à l’arrestation de deux frères : D. Ahmed, alias « Abou Mossab », et D. Mohamed, ainsi que deux autres personnes, dans un local de menuiserie situé à Belgaïd. Ils étaient soupçonnés de diffuser des contenus à caractère terroriste. Un cinquième suspect a été interpellé plus tard.
Les enquêteurs ont saisi plusieurs téléphones portables et effectué des perquisitions aux domiciles des mis en cause. A la maison de D. Ahmed, des écrits et ouvrages jugés subversifs ont été découverts, ainsi que des dossiers liés à l’application Telegram. Chez un autre accusé, deux micro-ordinateurs portables ont été retrouvés ; leur analyse a permis de mettre au jour de nombreuses publications faisant l’apologie du groupe terroriste Daech.
Lors de son interrogatoire, « Abou Mossab » a reconnu son intention de rejoindre des groupes terroristes à l’étranger, notamment au Mali. Il a affirmé sa sympathie pour ces organisations et a déclaré vouloir diffuser ces idées auprès des jeunes, y compris auprès de ses propres enfants, âgés de 10 et 14 ans. Il a également admis être membre actif d’un réseau terroriste composé de plus de 30 personnes, se préparant à rejoindre le Grand Sahara afin d’y mener des actions terroristes.
Selon ses déclarations, ce réseau était coordonné par un certain Bouaïcha Samir, originaire de Médéa et résidant à Bachdjarah (Alger). Ce dernier a été arrêté deux jours après le démantèlement du réseau à Oran. Lors de son audition, il a reconnu son adhésion idéologique à ces groupes depuis 2014, et a confirmé être en contact avec d’autres membres, tous originaires de Médéa. Les investigations ont permis de les identifier puis de les interpeller.
A la barre du tribunal criminel, les principaux accusés ont toutefois affirmé qu’ils n’avaient jamais activement collaboré avec des organisations terroristes, soutenant s’être limités au partage de hadiths liés au djihad sur les réseaux sociaux. Confrontés à leurs déclarations antérieures, ils ont affirmé avoir été contraints de reconnaître certains faits lors de l’enquête.
Le représentant du ministère public a requis la peine maximale à l’encontre de l’ensemble des accusés. La défense, pour sa part, a plaidé la non-culpabilité, affirmant notamment que certains prévenus avaient déjà été jugés pour les mêmes faits à Médéa.
Zemmouri L.
