Criminalisation de la colonisation française: Paris aux abois !

Quelques heures après le vote historique du Parlement algérien criminalisant la colonisation française, Paris est en effervescence. Les réactions institutionnelle, médiatique et partisane ont condamné cette loi. Pour l’Algérie, cette dernière est bien plus qu’un symbole : elle incarne justice historique et souveraineté nationale, exigeant excuses officielles, réparations et restitution des biens spoliés, et rappelle au monde que son héritage colonial ne peut être ni ignoré ni relativisé.
Le Parlement algérien a inscrit la colonisation française (1830‑1962) comme crime d’État, détaillant 27 formes de crimes : exécutions extrajudiciaires, tortures systématiques, pillages organisés et contamination par les essais nucléaires dans le Sahara. La loi exige la restitution des archives, la réparation des victimes et de leurs familles, ainsi que le nettoyage des sites contaminés. Elle transforme l’histoire en droit et la mémoire en actes concrets, rappelant à la France que ses crimes coloniaux ne peuvent plus être passés sous silence.
Brahim Boughali, président de l’Assemblée, a souligné que « la loi ne vise aucun peuple » mais repose sur un principe fondamental : « les crimes contre l’humanité ne se prescrivent pas et ne peuvent être tus ». Pour l’Algérie, c’est un acte de légitimité historique : le passé colonial ne sera plus jamais minimisé ni oublié, et la justice historique devient tangible et exigible.
L’adoption de la loi a provoqué à Paris indignation et polémiques. Le Quai d’Orsay a dénoncé un « acte hostile », craignant que le dialogue franco-algérien n’en pâtisse. Sur les plateaux télévisés, Édouard Philippe a affirmé, quelques jours avant le vote, que « la colonisation n’est pas un crime », contredisant ainsi l’ancienne position du président Macron, qui avait reconnu, lors de sa campagne, la nature criminelle de la colonisation.
Pour l’Algérie, ces propos révèlent le refus persistant d’une partie de l’élite française de confronter honnêtement son passé. Les médias français, largement alimentés par les discours de l’extrême droite, amplifient la controverse, créant un climat de désinformation et de pression politique. Journaux, chaînes de télévision et réseaux sociaux participent à cette campagne, cherchant à minimiser l’impact de la loi algérienne et à influencer l’opinion publique française.
L’historien Benjamin Stora a plaidé pour sa part la reconnaissance des crimes coloniaux afin d’apaiser les mémoires et d’établir un dialogue équilibré. Mais pour l’Algérie, la reconnaissance morale seule ne suffit pas. La loi transforme ce principe en actes concrets : excuses officielles, réparation des victimes, restitution des biens spoliés, décontamination des sites nucléaires et mise à disposition des archives. Elle montre que la justice historique ne se limite pas aux discours : elle se mesure aux actions tangibles, et l’Algérie affirme son droit de les exiger.
Pour les partis politiques français, la réaction va de l’« instrumentalisation politique » de l’histoire par Alger pour Les Républicains (LR) et de « provocation inutile » pour le Rassemblement National (RN) à une « reconnaissance légitime des souffrances infligées par la colonisation » pour La France Insoumise (LFI).
En Algérie, la loi est perçue comme une victoire historique, unanimement saluée par députés, historiens et société civile. Elle incarne mémoire retrouvée et dignité nationale. La restitution des archives, la compensation des victimes et la décontamination des sites nucléaires concrétisent cette justice historique.
Les partis politiques insistent sur la protection de l’héritage historique : le passé colonial ne doit plus jamais être nié, banalisé ou instrumentalisé à des fins politiques. Pour l’Algérie, cette loi réaffirme sa souveraineté et envoie à la France un message clair : les blessures historiques exigent réparation et actes concrets.
Khaled Boudaoui
