Alger l’a condamné fermement :Les enjeux géostratégiques d’une reconnaissance

Le 26 décembre 2025, Israël a annoncé la reconnaissance officielle du Somaliland, région autoproclamée indépendante de la Somalie depuis les années 1990 mais jamais reconnue par la communauté internationale.

Tel-Aviv devient ainsi le premier État au monde à franchir ce pas inédit, bouleversant les équilibres géopolitiques dans la Corne de l’Afrique et au sein du monde arabe.
Cette décision a immédiatement suscité une vague de réactions. La Somalie a dénoncé une « attaque délibérée contre sa souveraineté », rappelant que le Somaliland reste une partie intégrante de son territoire. Dans le même temps, 21 pays arabes, africains et musulmans ont publié une déclaration commune rejetant catégoriquement cette reconnaissance, parmi lesquels l’Algérie, l’Égypte, le Qatar, l’Iran, la Palestine, le Nigeria et le Pakistan.
Si la majorité des pays musulmans ont condamné l’initiative israélienne, trois États se sont distingués par leur silence : les Émirats arabes unis, le Maroc et Bahreïn. Ces pays vassaux d’Israël soit par les accords d’Abraham ou par une coopération sécuritaire et économique croissante, n’ont pas signé la déclaration commune.
Cette abstention est perçue comme une forme de complicité tacite. Elle traduit la volonté de ces États de préserver leurs relations stratégiques avec Israël, quitte à s’éloigner du consensus arabe et islamique. Ce choix fragilise l’unité régionale et accentue les fractures au sein du monde musulman.
La reconnaissance du Somaliland par Israël ne se limite pas à une question symbolique. Elle comporte des risques géopolitiques majeurs dont la déstabilisation de la Somalie ; encourager d’autres mouvements séparatistes en Afrique, créant un précédent dangereux et renforcer l’influence sioniste dans la Corne de l’Afrique.
Le Somaliland qui occupe une position stratégique sur le golfe d’Aden, face à la mer Rouge et proche du détroit de Bab el-Mandeb, est un passage vital pour le commerce mondial. En s’implantant dans cette région, Israël pourrait accroître son contrôle sur les routes maritimes et renforcer sa présence militaire, ce qui inquiète les pays arabes voisins.
La reconnaissance pourrait également alimenter les tensions entre communautés somaliennes, exacerber les conflits internes et offrir un terrain fertile aux groupes extrémistes. Elle ouvre la voie à une militarisation accrue de la région, avec des alliances nouvelles susceptibles de bouleverser l’équilibre des forces.
Pour de nombreux analystes, cette reconnaissance n’est pas un geste isolé mais une stratégie géopolitique délibérée. Israël cherche à briser son isolement diplomatique en Afrique de l’Est ; contenir l’influence iranienne dans la région et renforcer ses alliances sécuritaires avec certains pays arabes qui, en s’abstenant de condamner, montrent une convergence d’intérêts.
Ch. G

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