IFU, ISF, IRG: Le point sur l’impôt

Le fiscaliste Boubekeur Sellami a examiné les principales dispositions du projet de loi de Finances pour 2025 (PLF-2025), en insistant sur l’engagement du Président Tebboune de ne pas introduire de nouvelles taxes pour l’année à venir. Il a souligné que ce projet vise à renforcer le pouvoir d’achat des citoyens et à stimuler l’économie nationale.
Parmi les réformes phares, et intervenant dans l’émission « L’Invité du jour » de la Chaîne 3 de la Radio algérienne, M. Sellami a mis en avant l’Impôt Forfaitaire Unique (IFU), qui a été réajusté pour revenir à un contrat entre l’administration fiscale et le contribuable. Ce changement vise à exclure certaines activités du régime déclaratif, comme la location de voitures ou les salles de fête, les soumettant au régime fiscal du réel. « La disposition fiscale phare du PLF-2025 est l’Impôt forfaitaire unique (IFU) qui, rappelons-le, a eu un coût très fort en 2015 car il était devenu un impôt déclaratif pour toutes les franges de la société, et ce quelque soit leurs activités. On a ramené le seuil déclaratif à 30 millions de dinars, ce qui est contraire à l’IFU », a-t-il déclaré à ce propos.
Il a également relevé que l’élargissement de l’assiette fiscale est une tâche difficile pour l’administration fiscale en raison du nombre élevé de contribuables à travers les 58 wilayas. Il plaide pour une fiscalité locale renforcée pour mieux couvrir les dépenses publiques.
Concernant l’Impôt sur la Fortune (ISF), Sellami estime que seule la numérisation complète permettra d’en assurer l’efficacité, avec un fichier national documentant les propriétés. En ce qui concerne l’Impôt sur le Revenu Global (IRG), il a fait valoir qu’une baisse immédiate n’est pas envisageable, car cet impôt génère des recettes importantes pour l’État. A ce sujet, il a précisé qu’« on ne touche pas à un impôt qui génère 2 000 milliards de dinars chaque année, sachant que 50 % de la fiscalité ordinaire provient de l’IRG », toutefois, il indique qu’une révision serait possible si l’assiette fiscale est suffisamment élargie.
Déplorant que « les salariés payent beaucoup plus que les autres contribuables, comme ceux qui exercent les activités commerciales», il explique qu’« il y a une règle dans l’IRG, à savoir la retenue à la source. C’est un impôt stable et alimente les recettes, mais si on arrive à trouver un autre artifice fiscal, on pourra encore revoir à la baisse l’IRG. Mais à l’Etat actuel, nous générons quelques 8 000 milliards de dinars de recettes fiscales, dont 50 % provient de la recette ordinaire et qui est de 4 000 milliards de dinars. Du coup, on ne peut pas toucher encore une fois cet impôt ».
Ch. G
