Impliqués dans une affaire de harga : Quatre gendarmes condamnés en appel

Quatre membres de la Gendarmerie nationale, parmi lesquels un chef de brigade, son adjoint et deux autres gendarmes, ont comparu devant le tribunal criminel d’appel près la cour d’Oran dans une affaire liée à l’organisation de traversées clandestines.
Les mis en cause étaient poursuivis pour association de malfaiteurs en vue de la commission d’un crime, préparation de voyage clandestin, demande et acceptation d’avantages indus, abus de fonction, ainsi que pour mise en circulation d’un véhicule doté d’une plaque d’immatriculation falsifiée.
À l’issue du procès en appel, S.A., le chef de brigade et son adjoint B.A., ont été condamnés à sept ans de prison ferme, après avoir été acquittés des trois premiers chefs d’accusation. En première instance, ils avaient écopé de dix ans de réclusion.
Les deux autres gendarmes, dont l’un venait d’intégrer le corps depuis à peine six mois, ont quant à eux été condamnés à trois ans de prison ferme, alors qu’ils avaient également été condamnés à dix ans de réclusion en première instance.
Les faits remontent au 17 septembre 2021, lorsque 20 harragas, dont trois femmes et une fillette âgée de neuf ans, ont été remis aux services de sécurité après avoir été interceptés à bord d’une embarcation à environ cinq milles nautiques des côtes d’Arzew.
L’enquête ouverte a permis de recueillir des déclarations de plusieurs migrants clandestins, qui ont désigné un certain B.M.A., domicilié à Gdyel, comme étant le guide et l’un des organisateurs de ces traversées. Une perquisition effectuée au domicile de B.I., s’est révélée positive, conduisant à son arrestation. Ce dernier confirmera les déclarations de B.M.A.
Le suspect expliquera également avoir entendu deux organisateurs affirmer que des gendarmes en tenue devaient intervenir, ajoutant que le dénommé E.M., aurait perçu 70 millions de centimes. Ces propos seront corroborés par une autre personne impliquée dans l’organisation du voyage.
Les investigations se sont poursuivies par la vérification des images des caméras de surveillance de stations-service, notamment celle de Chehaïria, lesquelles ont confirmé que le véhicule utilisé lors des déplacements appartenait au chef de brigade de Fornaka.
Interpellés, les mis en cause ont été présentés devant la justice. Le chef de brigade a soutenu s’être rendu à Arzew dans le cadre d’une affaire de vol d’une arme à feu et d’une somme d’argent, affirmant être retourné à sa brigade après leur récupération. Les trois autres prévenus ont déclaré n’avoir fait qu’exécuter les instructions de leur supérieur hiérarchique.
À la barre du tribunal criminel d’appel, le principal prévenu et son adjoint ont maintenu leurs déclarations. Toutefois, une question essentielle a été soulevée par la cour : comment un chef de brigade pouvait-il quitter son poste avec son adjoint en laissant la brigade sans encadrement ? Une interrogation à laquelle les deux concernés n’ont pu apporter de réponse convaincante.
Par ailleurs, l’enquête a révélé que le chef de brigade avait falsifié la plaque d’immatriculation de son propre véhicule, un élément qu’il n’a pas été en mesure d’expliquer.
Zemmouri L.

 

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