Lutte contre la fraude et les flux financiers illicites: L’Algérie accueille l’ATAF
Alger accueillera, à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 7 novembre, le Forum africain des administrations fiscales (ATAF), un rendez-vous majeur pour les politiques fiscales du continent. Selon Ghania Rabhi Mansour, directrice des relations fiscales internationales à la Direction générale des impôts (DGI), cette rencontre sera consacrée à la lutte contre la fraude, l’évasion fiscale et les flux financiers illicites, dans un contexte mondial marqué par l’intensification des échanges et la numérisation des économies.
Invitée ce dimanche sur la Chaîne 3, Mme Rabhi Mansour a indiqué que « cet événement réunira des administrations fiscales africaines, mais aussi des institutions venues d’Asie, d’Europe et d’autres régions du monde ». Seront également présents des représentants des Nations unies, de l’OCDE et d’autres organisations internationales, ainsi que des acteurs du secteur privé.
L’objectif, selon elle, est de « créer une plateforme d’échanges et d’assistance technique entre administrations fiscales, afin de mutualiser les moyens de lutte contre la fraude et les montages financiers illicites ». Elle a souligné que la coopération est désormais indispensable : « Nous vivons à l’ère du multilatéralisme, où les frontières économiques s’effacent. Les administrations doivent s’entraider pour éviter qu’une concurrence fiscale déséquilibre les États. »
Le programme de l’édition 2025 de l’ATAF portera sur plusieurs thématiques : actualité fiscale internationale, normalisation, numérisation de l’administration, sécurité juridique et échange de renseignements. « La numérisation constitue un levier essentiel contre la délinquance économique », a ajouté Mme Rabhi Mansour. « Elle renforcera la traçabilité et permettra une gestion des contrôles basée sur le risque, en réduisant l’intervention humaine au profit d’une analyse automatisée des données. »
L’Algérie, qui a adhéré à l’ATAF en 2024, y joue un rôle actif. « Notre pays dispose d’une solide expérience et de bonnes pratiques dans la gestion fiscale, que nous partageons avec nos partenaires africains », a rappelé la responsable, tout en précisant que l’Algérie s’inspire également des réussites du continent : « Le Bénin est aujourd’hui un modèle en matière de facturation électronique, tandis que le Kenya et le Nigeria ont mis en place des systèmes performants d’imposition des services numériques. »
Ch.G
