Transport entre Oran et Aïn El Turck: Un calvaire quotidien pour les travailleurs

Chaque matin, dès les premières lueurs du jour, des dizaines de travailleurs quittent Aïn El Turck pour rejoindre Oran. Pour beaucoup d’entre eux, ce trajet de moins de 30 kilomètres se transforme en véritable épreuve quotidienne.

La carte de transport, censée faciliter les déplacements entre la ville côtière et la capitale régionale, ne répond plus aux besoins d’une population croissante. Les usagers dénoncent des horaires inadéquats, un nombre de bus insuffisant et des conditions de transport souvent dangereuses et inconfortables.
«Je me lève tous les jours à 5 heures du matin pour attraper le bus de 6 heures. Parfois, il est déjà plein et on doit attendre le suivant, parfois pendant plus d’une heure. C’est épuisant», confie Ahmed, mécanicien à Oran. Son témoignage reflète la frustration de nombreux habitants d’Aïn El Turck qui dépendent des transports publics pour aller travailler. Ces derniers font face à des bus bondés, où certains doivent rester debout pendant tout le trajet.
La situation est aggravée par la rareté des services aux heures de pointe. «Il n’y a pas assez de bus le matin. Nous sommes pressés de rejoindre nos emplois et souvent nous arrivons en retard. C’est devenu une source de stress permanent», explique Fatima, enseignante dans un collège d’Oran. Pour elle et beaucoup d’autres, le trajet quotidien ne se limite pas à la fatigue physique : il impacte également la ponctualité au travail et, par conséquent, les revenus.
Les habitants soulignent également l’état des routes et le manque de régularité des transports. Certains conducteurs dépassent les limites de vitesse pour compenser les retards, ce qui crée des risques supplémentaires. «Il m’est déjà arrivé de voir des bus freiner brusquement pour éviter un accident. Les gens se bousculent, et souvent, il n’y a pas de contrôle suffisant pour assurer notre sécurité», raconte Samir, vendeur dans un marché d’Oran.
Les usagers se plaignent également du manque de communication autour des horaires et des éventuelles interruptions de service. Certains se tournent vers des taxis collectifs informels pour tenter de gagner du temps, mais à des tarifs bien plus élevés, ce qui n’est pas une solution viable sur le long terme.
Malgré ces difficultés, la plupart des travailleurs continuent leur trajet quotidien, animés par la nécessité de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. «On n’a pas le choix. Même si c’est difficile, il faut aller travailler. Mais ce système a vraiment besoin d’être réorganisé», confie Leila, employée dans une entreprise de services à Oran.
Les autorités locales, contactées à plusieurs reprises par les habitants, reconnaissent la problématique mais peinent à trouver des solutions durables. Des projets d’augmentation du nombre de bus et d’amélioration des infrastructures sont évoqués depuis plusieurs années, mais les retards persistent. Les citoyens d’Aïn El Turk espèrent qu’un plan concret sera mis en place rapidement pour alléger ce calvaire quotidien, et garantir un transport plus sûr et plus efficace.
O.A.Nadir

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