Classement du New York Times : Oran face au défi de la confirmation touristique

En figurant récemment parmi les villes prometteuses du tourisme mondial dans le classement du prestigieux New York Times, Oran bénéficie d’une exposition internationale rare. Plus qu’un simple coup de projecteur médiatique, cette reconnaissance relance un débat de fond : la «Radieuse» est-elle capable de transformer cette visibilité en une dynamique touristique durable, structurée et compétitive ?
D’abord, l’un des premiers signes de l’attractivité d’Oran réside dans son parc hôtelier, désormais parmi les plus importants d’Algérie. La wilaya dispose aujourd’hui d’une capacité d’accueil d’environ 31000 lits, répartis sur 216 établissements hôteliers, toutes catégories confondues, dont une dizaine d’hôtels 5 étoiles répondant aux standards internationaux.
L’offre intermédiaire et économique complète ce dispositif, permettant d’accueillir familles, jeunes et touristes nationaux, et garantissant une fréquentation continue tout au long de l’année.
Par ailleurs, le développement touristique d’Oran s’appuie sur des infrastructures modernes facilitant l’accès à la ville. Le nouvel aéroport d’Oran – Ahmed Ben Bella offre désormais des liaisons nationales et internationales plus nombreuses et confortables, avec une capacité importante pour accueillir un nombre croissant de passagers.
L’autoroute Est-Ouest, quant à elle, permet de rejoindre Oran depuis Alger en seulement 4 heures, même pour les habitants de l’est du pays. Cette facilité d’accès rend possible de passer une nuit, un week-end ou un séjour prolongé à Oran, renforçant le flux touristique et stimulant l’économie locale.
Le littoral oranais compte aussi près d’une centaine de complexes balnéaires, offrant environ 10.000 lits. À cela s’ajoute le Village méditerranéen, doté de 1 800 chambres et d’une capacité de 3 400 à 4 200 personnes.
Autre atout à prendre en considération : le tourisme écologique qui se développe grâce à des associations locales proposant randonnées et excursions vers la forêt de Msila, le canyon de Tafraoui, la forêt de la Vierge ou les zones montagneuses environnantes. Ces expériences authentiques répondent à une demande croissante pour des loisirs durables et éducatifs et complètent l’attraction balnéaire de la région.

Des atouts solides

Oran est également considéré comme un hub d’affaires régional, grâce à ses infrastructures modernes et à la proximité de la zone industrielle d’Arzew, la plus grande d’Afrique du Nord. Les hôtels 5 étoiles et les centres de congrès du littoral et du Village méditerranéen accueillent séminaires, forums et salons internationaux, tandis que le port et les zones logistiques soutiennent les échanges commerciaux.
La ville se distingue, en outre, par une offre culinaire riche et variée. Des établissements comme Calentica proposent une cuisine alliant plats traditionnels et créations contemporaines, tandis que le littoral et le centre-ville regorgent de restaurants et cafés typiques, valorisant fruits de mer, cuisine méditerranéenne et spécialités locales. Cette montée en gamme gastronomique renforce l’image d’Oran comme destination lifestyle, où l’expérience culinaire complète la découverte touristique.
Dans le registre de la culture, il y a bien sûr à Oran le Festival international du film arabe qui attire réalisateurs, acteurs, critiques et journalistes du monde entier, transformant temporairement Oran en capitale culturelle méditerranéenne. Projections, conférences, ateliers et expositions dynamisent le tourisme et stimulent l’économie locale pendant l’événement.
Aussi, le classement du New York Times constitue un accélérateur de notoriété, mais impose aussi des exigences. Oran dispose d’atouts solides, cependant, la réussite durable passera par une vision globale, une structuration cohérente de l’offre, la protection des espaces naturels et patrimoniaux, la professionnalisation des acteurs et une promotion internationale ciblée.
Oran n’est plus seulement une ville au potentiel touristique prometteur, elle est désormais observée et attendue à l’échelle mondiale. Ce classement offre certes une chance historique pour inscrire durablement la «Radieuse» sur la carte du tourisme international, mais à la condition quand même que cette visibilité se traduise par une stratégie claire, durable et inclusive, capable de transformer l’essai médiatique en réussite économique, culturelle et sociale…
Une opportunité de cet acabit devrait être, en effet, saisie au vol par les instances compétentes afin de hisser davantage El Bahia vers le haut, et tirer profit de cette publicité planétaire à laquelle elle a eu droit. Or, depuis l’annonce du classement du journal new-yorkais, aucune réaction des institutions touristiques, au niveau d’Oran, n’a été signalée. Algérie Presse a beau tenter de soutirer «un commentaire» ou une «annonce» de ces instances-là, cela a été vain, du moins pour le moment.

Khaled Boudaoui

Bouton retour en haut de la page