Le Maroc vainqueur de la CAN 2025 sur tapis vert: CAF, le scandale de trop !

Au début, on a cru à une mauvaise blague, un poisson d’avril prématuré, une fake news. Mais la CAF ne plaisantait pas mardi soir. Deux mois après une finale entrée dans les mémoires, la Confédération africaine de football a choqué le continent entier en retirant le titre au Sénégal pour l’attribuer au Maroc sur tapis vert.
Une décision purement administrative qui efface un match joué jusqu’au bout, laissant l’Afrique, et le reste du monde, abasourdis et incrédules.
Le 18 janvier, la finale de la CAN 2025 avait offert un scénario rare. Tension extrême, interruption, retour sur la pelouse, puis dénouement en prolongation : les Sénégalais s’étaient imposés au bout d’un match chaotique mais achevé, porté par un arrêt décisif d’Édouard Mendy et un but libérateur de Pape Gueye.
Ce récit, déjà inscrit dans la mémoire collective, a été balayé par l’application de l’article 84 du règlement de la compétition. Résultat : une victoire 3-0 attribuée au Maroc, et un trophée qui change de mains sans nouveau coup de sifflet.
La réaction du Sénégal a été à la hauteur du choc. Dans un communiqué virulent, la fédération a dénoncé « une décision inique, sans précédent et inacceptable qui jette le discrédit sur le football africain », tout en annonçant saisir le Tribunal arbitral du sport.Le ton est monté encore d’un cran avec Abdoulaye Sow, secrétaire général de la fédération : « La CAF est pourrie, les réactions dans le monde après cette décision confirment une indignation totale. »
Dans les médias africains, le verdict est accueilli avec stupeur. Entre ironie et consternation, certains parlent de « blague du siècle », d’autres d’un « coup de tonnerre ». Tous soulignent le caractère exceptionnel – et profondément dérangeant – d’un titre attribué après coup, loin des réalités du terrain.
Quelle crédibilité après ?
Au-delà du Sénégal, le Maroc se retrouve dans une position inconfortable. Comment célébrer un titre qui ne s’est ni joué ni gagné sur la pelouse ? Comment nier les accusations de contrôle ou d’influence sur la CAF ? Et surtout, comment avancer sans que l’image du Maroc, déjà profondément entachée, ne reste durablement ternie ?
Les critiques ne se limitent pas au continent. Patrice Evra a fustigé la décision : « C’est une honte pour le foot africain. Un scandale. On a tous vu de nos yeux que le Sénégal a gagné. Les vrais champions, c’est le Sénégal. »
Même incompréhension du côté de Jamie Carragher, qui s’interroge : « Vous vous moquez de moi ? On ne distribue pas des médailles un jour pour ensuite dire : “Finalement, l’autre équipe a gagné.” C’est de la folie ! C’est du football ou du Monopoly ?! » Avant d’élargir la critique : « Le tournoi devrait se résumer à ce qui se passe sur le terrain, pas dans un bureau. »
Des propos durs, parfois condescendants, mais qui trouvent aujourd’hui un écho renforcé par la décision de la CAF. Au-delà de la polémique, cette affaire ravive des clichés que le football africain tentait justement de dépasser : gouvernance opaque, instabilité institutionnelle, décisions contestées.
Claude Le Roy résumait ce malaise sur L’Équipe du Soir : « Cette décision, hélas pour ce continent que j’aime tant, va faire rire toute la planète football. » En voulant appliquer strictement son règlement, la CAF a peut-être négligé une dimension essentielle : la légitimité sportive. Car une finale jouée, terminée et célébrée ne se réécrit pas.
Désormais, le dossier se déplace sur le terrain juridique, le TAS devra trancher un litige devenu emblématique.
Et dans cette affaire, tout le monde semble perdant : le Sénégal, dépossédé d’un titre durement conquis ; le Maroc, sacré « par e-mail », comme l’a ironisé l’international sénégalais El Hadji Malick Diouf dans une story rapidement devenue virale ; et surtout le football africain, dont la crédibilité sort profondément fragilisée.
En effaçant la décision du terrain, la CAF a ouvert une brèche dangereuse, exposant le football africain aux accusations de corruption et de mauvaise gouvernance, tournant en ridicule ses institutions et transférant la dernière décision à une instance internationale externe. Ce faisant, elle transforme une compétition passionnante et porteuse d’identité en une parodie aux yeux du monde, ternissant l’image et la valeur de ce tournoi continental.
Djamel Hamdan
