Procès d’un réseau international : De lourdes peines pour 60 kg de cocaïne

Le tribunal criminel de première instance de la Cour d’Oran a rendu son verdict avant-hier lundi dans une affaire de trafic de drogue dure.

Impliquant des Algériens, mais également des ressortissants maliens et nigériens, ce réseau structuré a été lourdement sanctionné par la justice en ce sens que le principal mis en cause, intercepté avec près de 60 kg de cocaïne, a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle, tandis que ses complices ont écopé chacun de 15 ans de prison. Une femme, citée à la barre sous mandat de dépôt, a été condamnée à deux ans, alors que les prévenus comparaissant en liberté ont tous été acquittés.
L’affaire débute le 10 février 2024, sur la RN-6, au niveau de la commune d’El Bnoud. Lors d’un contrôle entre Béchar et Labiod Sid Cheikh, les gendarmes ont alors intercepté un camion de marque Shaanxi conduit par B. Ahmed. Si le chauffeur résidait à Adrar, les documents du véhicule étaient, cela dit, au nom d’un ressortissant malien originaire de Gao. L’attitude nerveuse du conducteur et des modifications suspectes sur la carrosserie de la remorque n’avaient pas tardé à attirer l’attention des enquêteurs. Mais face au refus du chauffeur de soulever la benne — en prétextant une panne du système hydraulique — les gendarmes ont décidé de tracter le poids lourd vers la brigade.
Sur place, l’utilisation d’un engin de levage a donc permis de forcer le mécanisme et de découvrir une cachette aménagée. Les militaires y ont saisi un total de 55 plaquettes d’un produit blanc, pesant 59,304 kg, marqué du logo « Rolex ». Les analyses confirmeront immédiatement qu’il s’agit bel et bien de cocaïne pure. Interrogé, le chauffeur a fini par avouer avoir été recruté par un certain O. Khlifa pour transporter la drogue depuis Tamanrasset vers Médéa, moyennant 600 millions de centimes. Pour garantir la discrétion des échanges, il avait reçu l’ordre d’utiliser des cartes SIM acquises sous de fausses identités.
L’enquête approfondie a permis aussi de remonter jusqu’au cerveau du réseau, O. Khlifa, originaire de Timimoun. Les investigations ont également révélé l’implication de complices chargés de la logistique, notamment R. Abdallah, un mécanicien ayant bloqué le système de levage, et B. Soudani, chargé des soudures de la remorque. Au total, sur les 22 individus identifiés dans ce réseau transnational, 10 ont été arrêtés. Si certains ont tenté de nier les faits à la barre, les preuves ont confirmé l’existence d’une filière hautement organisée, acheminant la drogue du Sahel vers le nord du pays pour une redistribution internationale.
Zemmouri L.

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