Tribunal criminel : Sept ans pour kidnapping et torture

Le tribunal criminel de première instance d’Oran a rendu son verdict dans une affaire de kidnapping, actes de torture et demande de rançon. Deux des cinq accusés, K. Hicham et B. Hakim, ont été condamnés à sept ans de prison ferme. Leurs trois complices, toujours en fuite, ont écopé par défaut de 15 ans de réclusion criminelle.
L’affaire débute le 29 juillet 2024. Ce jour-là, la victime, A.M., se présente dans un état critique aux services de sécurité d’Aïn El Turck. Il dépose plainte contre plusieurs individus qu’il identifie formellement sur photos. Originaire de Béchar, le jeune homme explique s’être rendu sur le littoral oranais avec un ami pour les vacances. Le soir des faits, vers 21h, son véhicule est pris en chasse par une voiture de marque Fiat. Les occupants le contraignent à s’arrêter et l’obligent à les suivre, laissant son ami seul à bord de sa voiture.
Le plaignant est alors conduit vers une habitation isolée, dans un bidonville sur les hauteurs de Mers El Kebir. Sur place, B. Khaled et ses complices lui réclament une prétendue dette de 120 millions de centimes. Face à ses dénégations, le calvaire commence : ligoté avec du fil de fer, il subit de multiples coups de couteau sur lesquels ses bourreaux versent du sel pour accentuer la douleur. Non contents de ces sévices, les agresseurs contactent le père de la victime. Ils exigent une rançon d’un milliard 300 millions de centimes sous peine de mort, appuyant leur menace par l’envoi d’une vidéo montrant les tortures infligées à son fils.
L’enquête diligentée par les forces de l’ordre a permis l’interpellation de deux des suspects. Lors des interrogatoires, ces derniers ont tenté de rejeter la responsabilité sur les fuyards, tout en admettant leur présence sur les lieux. À la barre, les deux prévenus ont maintenu cette ligne de défense, affirmant avoir vu la victime sans pour autant avoir pris part aux violences ou en connaître les motifs.
Le ministère public, soulignant la gravité extrême des faits, a requis 12 ans de réclusion pour les accusés présents et 15 pour les absents. De son côté, la défense a plaidé l’acquittement, arguant qu’aucune preuve tangible ne permettait d’établir la culpabilité directe de ses clients.
Zemmouri L.

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