Gara Djebilet : Un modèle d’industrialisation durable

Le projet intégré de valorisation du gisement de fer de Gara Djebilet marque une étape décisive dans la transformation durable de l’industrie minière et sidérurgique en Algérie.
C’est ce qu’a affirmé ce lundi le professeur Kamel Mohammedi, membre du Forum algérien de l’énergie et de l’industrie, lors de son intervention sur la Chaîne 3 de la Radio nationale. Il a mis en avant une vision industrielle fondée sur trois piliers : l’acier vert, la transition énergétique et la souveraineté économique nationale.
Selon lui, le projet repose sur une chaîne complète allant de l’extraction du minerai de fer à sa transformation finale en acier, dans une logique de durabilité environnementale. L’idée centrale est de produire un acier à faible empreinte carbone, grâce aux énergies renouvelables, notamment le solaire, et à l’hydrogène vert. Cette orientation permettrait à l’Algérie de répondre aux exigences des marchés internationaux, en particulier européens, de plus en plus stricts sur le plan climatique.
Le professeur Mohammedi a précisé que la mine serait alimentée par une centrale photovoltaïque de 200 mégawatts, garantissant une production énergétique propre. Il a insisté sur l’importance stratégique de la voie ferrée de près de 1.000 km, destinée à relier la mine aux sites de transformation et aux ports. « Ce projet ferroviaire n’est pas seulement logistique, il est structurant pour le développement régional et l’intégration économique », a-t-il expliqué.
L’intervenant a également mis en avant les innovations environnementales intégrées au projet, notamment en matière d’économie circulaire. Certains co-produits issus de l’exploitation minière, comme le phosphore, pourraient être valorisés dans d’autres secteurs, notamment l’agriculture. «Nous sommes dans une logique de symbiose industrielle, où rien n’est perdu et où chaque sous-produit peut devenir une ressource », a-t-il souligné.
Sur le plan économique, Mohammedi a rappelé que l’acier vert est très recherché par plusieurs industries stratégiques : l’automobile, le ferroviaire, la construction navale et la fabrication d’engrais. Il a aussi évoqué les perspectives liées aux batteries lithium-fer-phosphate, qui utilisent le fer comme composant clé. Dans ce cadre, il a salué les partenariats internationaux visant à améliorer le traitement du minerai, notamment en matière de déphosphoration.
Le professeur a estimé que le projet de Gara Djebilet permettrait de réduire significativement les importations d’acier et de renforcer la transformation locale. Il a ajouté que l’Algérie pourrait tirer un avantage stratégique du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne, permettant à l’acier vert algérien d’accéder aux marchés européens sans pénalité carbone dès 2026.
T. Feriel

Bouton retour en haut de la page