Virus Nipah: L’Algérie à l’abri ?

Depuis quelques jours, le nom du virus Nipah circule sur les réseaux sociaux, suscitant interrogations et inquiétudes au sein de la population. Faut-il craindre l’émergence de cette maladie en Algérie ? Les faits médicaux et scientifiques disponibles permettent aujourd’hui de répondre clairement : aucun cas de virus Nipah n’a été enregistré dans le pays.
Le Dr Youcef Boukhari, chef du service de la prévention à la Direction de la Santé de la wilaya d’Oran, a indiqué, hier à Algérie Presse, que la DDS n’a reçu, jusqu’à l’heure actuelle, aucune directive du ministère de la Santé concernant le virus Nipah, affirmant qu’aucun cas n’a été enregistré dans la wilaya.
A cela, des médecins exerçant à l’Établissement hospitalo-universitaire (EHU) 1er Novembre ainsi qu’au Centre hospitalo-universitaire d’Oran (CHUO), contactés également par Algérie presse, confirment l’absence totale de cas suspects ou confirmés. Aucune alerte n’a été signalée, aucun patient n’a présenté un tableau clinique évoquant cette pathologie rare.
Le virus Nipah est une zoonose grave, responsable de fièvres aiguës et parfois d’atteintes neurologiques sévères, notamment des encéphalites. Toutefois, il est géographiquement limité à certaines régions d’Asie du Sud et du Sud-Est, comme le Bangladesh, l’Inde ou la Malaisie. Il n’est pas endémique en Afrique du Nord, encore moins en Algérie.
Les études scientifiques établissent que le principal réservoir du virus est la chauve-souris frugivore du genre Pteropus, une espèce absente du territoire algérien. La transmission à l’homme survient principalement par le contact avec ces chauves-souris, la consommation de fruits contaminés par leur salive, ou encore le contact avec des porcs infectés. Ces conditions de transmission ne sont pas réunies en Algérie, ce qui explique un risque qualifié de très faible par les spécialistes.
Les symptômes connus du virus Nipah incluent une fièvre élevée, des maux de tête, des douleurs musculaires, des vertiges et, dans les cas graves, une inflammation du cerveau. À Oran, aucun cas présentant ces signes n’a été rattaché à cette pathologie.
Cependant, si la menace immédiate est inexistante, un constat interpelle : l’absence, du moins jusqu’à présent, de dispositifs spécifiques de surveillance et de préparation face aux maladies émergentes rares au niveau des hôpitaux locaux. Cette situation ne concerne pas uniquement le virus Nipah, mais révèle une approche plus large dans l’anticipation des risques sanitaires mondiaux.
Pour les professionnels de santé, l’enjeu n’est pas de créer l’alarme, mais d’installer une culture de vigilance. Dans un monde marqué par la circulation rapide des agents pathogènes, l’information rigoureuse et la prévention restent les meilleurs remparts contre la peur et la désinformation.
Khaled Boudaoui

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