Projets économiques, diplomatie, social… : Tebboune fixe les priorités

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a réaffirmé la volonté de l’Algérie de demeurer une force de stabilité et de progrès, lors de sa rencontre périodique avec des représentants des médias nationaux, diffusée samedi soir sur les chaînes publiques. Une intervention marquée par la défense de la souveraineté nationale, la poursuite des réformes politiques et l’accélération des grands projets économiques structurants.

D’emblée, le chef de l’État a insisté sur le caractère intangible de la souveraineté du peuple algérien, affirmant que l’Algérie « restera libre et souveraine » face aux tentatives d’ingérence extérieure.
Il a souligné que l’action de l’État s’inscrit exclusivement au service des citoyens, dans une démarche visant à conduire le pays vers « une nouvelle étape ».
Sur le plan politique, le président de la République a annoncé la nécessité d’un amendement technique de la Constitution, destiné à corriger certaines lacunes apparues dans l’application de ses dispositions. Il a également indiqué qu’un dialogue sera engagé avec les partis politiques représentatifs, après l’adoption de la loi sur les partis, autour d’un projet de société consensuel. Tout en réaffirmant que la liberté d’expression est garantie, il a mis en garde contre les discours d’insulte, de diffamation et de division, que l’État, a-t-il souligné, ne saurait tolérer.
Évoquant la situation des Algériens établis à l’étranger, Abdelmadjid Tebboune a annoncé des mesures de régularisation au profit des citoyens en situation précaire ou irrégulière, à l’exception de ceux impliqués dans des actes portant atteinte à la sécurité de l’État. Il a, par ailleurs, rejeté tout lien entre ces mesures et les obligations de quitter le territoire français (OQTF).
Sur le plan social, le chef de l’État a indiqué que l’Algérie pourrait s’orienter, dès la fin de l’année en cours et au début de 2027, vers une nouvelle politique de soutien social reposant sur la numérisation, afin de mieux cibler les véritables bénéficiaires. Il a réaffirmé l’attachement de l’État à la gratuité de l’enseignement et des soins de santé, appelant parallèlement à une mobilisation collective contre le gaspillage, notamment alimentaire.
Sur le volet économique, le président de la République a annoncé que le produit intérieur brut (PIB) national devrait dépasser les 400 milliards de dollars à l’horizon 2027. Il a mis en avant les progrès réalisés en matière d’exportations hors hydrocarbures, estimées à 5 milliards de dollars, tout en dénonçant des pratiques jugées déloyales sur certains marchés extérieurs. Il a réitéré le refus de recourir à l’endettement extérieur classique, privilégiant des financements ciblés pour des projets à forte rentabilité.
Le président Tebboune a également souligné l’importance stratégique des projets miniers et ferroviaires, notamment la ligne Gara Djebilet–Tindouf–Béchar, qualifiée de projet national structurant, ainsi que le lancement imminent de la mine de zinc-plomb d’Oued Amizour et l’extension du réseau ferroviaire vers le Sud.
Sur le plan diplomatique, le chef de l’État a réaffirmé que les relations de l’Algérie avec ses partenaires reposent sur l’intérêt mutuel et le respect de la souveraineté. Il a mis en avant les relations avec plusieurs pays européens et grandes puissances, tout en soulignant la dimension fraternelle des liens avec les pays voisins, notamment la Mauritanie, le Niger, le Mali et la Libye, rappelant le rôle stabilisateur de l’Algérie dans la région. Concernant les relations avec la France, le président de la République s’est contenté d’exprimer tout son respect à Mme Ségolène Royal (présidente de l’Association France-Algérie), qui a récemment effectué une visite en Algérie, la félicitant pour « son courage, son honnêteté intellectuelle et sa franchise ». « Elle est la bienvenue », a-t-il indiqué. Une précision qui renseigne sur l’état des relations entre Alger et Paris actuellement au point mort.
Synthèse K.B

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