Propos de Noëlle Lenoir sur l’Algérie: CNews condamnée à une amende de 25.000 euros

Régulièrement avertie par l’Arcom, le gendarme de l’audiovisuel, CNews a écopé d’une amende de 25.000 euros, mardi dernier, pour des manquements dans son édition de « L’Heure des Pros 2 Eté », le 8 août 2025.
Lors de cette émission, Noëlle Lenoir, présidente du comité de soutien de Sansal (alors en détention en Algérie), qualifiait tous les Algériens de France de potentiels terroristes, prêts à passer à l’action violente. Lors d’un débat sur la lutte contre l’immigration clandestine et les menaces que font peser les étrangers en situation régulière sur la France, l’ancienne ministre de Chirac et militante pro-sioniste Noëlle Lenoir s’est attaquée frontalement aux Algériens, sans aucune retenue.
« Prenons l’exemple de l’Algérie. Vous avez des millions d’Algériens qui présentent des risques majeurs, qui peuvent sortir un couteau dans le métro, dans une gare, dans la rue, n’importe où prendre une voiture pour rentrer dans une foule », avait-t-elle affirmé.
Elle n’était pas à sa première attaque contre l’Algérie puisqu’elle venait, quelques jours plus tôt, d’applaudir chaudement la décision de Macron de s’aligner sur la politique extérieur de Bruno Retailleau, alors ministre de l’Intérieur, à propos de ses relations diplomatiques avec Alger.
Ces propos avait, on se rappelle, immédiatement fait réagir la députée écologiste Sabrina Sebaihi, qui a saisi la procureure de la République de Paris. Selon l’élue, assimiler une communauté entière à des criminels « n’est pas une opinion » mais « un délit ». Elle a évoqué, à ce propos, l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881 qui sanctionne la provocation publique à la discrimination, à la haine ou à la violence en raison de l’origine ou de la nationalité.
Parallèlement, l’Union française des binationaux et de la diaspora algérienne avait déposé une requête devant le tribunal administratif de Paris contre CNews, l’association estimant que la chaîne a diffusé des propos « incitant à la haine raciale ». Elle avait demandé la diffusion, à une heure de grande écoute, d’un bandeau rectificatif accompagné d’excuses publiques adressées aux Franco-Algériens, ainsi qu’une amende de 50 000 euros.
Des déclarations « de nature à inciter à la haine et à encourager des comportements discriminatoires à l’égard des ressortissants Algériens vivant en France », a estimé l’Arcom dans sa décision.
La concernée a eu beau apporter un rectificatif à sa tirade sur les réseaux sociaux dès le lendemain, l’autorité de régulation n’en a pas tenu rigueur dans son verdict, infligeant une première sanction pécuniaire de 25.000 euros. « Ce correctif diffusé sur la chaîne, qui est de nature à préciser l’intention de l’invitée, est en l’espèce sans incidence sur la caractérisation des manquements retenus à l’encontre de l’éditeur », a précisé la même source.
En sept ans d’existence, CNews a été sanctionnée 26 fois par l’Arcom pour un montant de 630.001 euros. « Mediapart » a noté que les amendes diverses ciblaient la plupart du temps des propos discriminatoires et l’incapacité chronique des présentateurs à modérer les saillies racistes et islamophobes de ses invités. L’autorité de régulation n’est jusqu’alors jamais allée au-delà de sanctions pécuniaires.
T. Feriel

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