Des recommandations ont été formulées: Vers la relance des dons d’organes en Algérie

Pendant longtemps, le don d’organes en Algérie a été freiné par des tabous et des réticences culturelles. Aujourd’hui, la situation commence à évoluer. Les avancées juridiques et le soutien des autorités religieuses encouragent cette pratique, encore peu connue du grand public. « Sauver une vie, c’est sauver l’humanité entière », faisant référence au texte coranique. Le Ministère des Affaires Religieuses et le Conseil islamique supérieur considèrent le don d’organes comme une sadaqa jâriya, une aumône continue, ce qui rassure les familles.

Ce mardi, le Conseil de la Nation a organisé une journée parlementaire sur la transplantation d’organes, réunissant des experts du secteur médical, juridique et religieux. Les discussions ont porté sur la relance du programme national de transplantation et sur l’importance de clarifier les aspects religieux pour gagner la confiance des familles. Les recommandations principales incluent le renforcement de l’Agence nationale des greffes avec plus de moyens humains et financiers, la création de trois pôles hospitaliers régionaux spécialisés, et la mise en place d’un registre national des donneurs pour garantir la transparence et promouvoir la culture du don.
Depuis la loi de santé de 2018, le cadre juridique est clair. Le prélèvement d’organes respecte le consentement des familles, la dignité du défunt et la gratuité de l’acte. Mais le don post-mortem reste rare. La reprise des greffes à partir de donneurs en état de mort encéphalique en 2022 a été une avancée, mais de nombreuses familles hésitent encore par peur de mutiler le corps du défunt. Pour les patients en attente de greffe rénale ou hépatique, le don reste souvent le seul espoir de survie.
En Algérie, la plupart des greffes proviennent de donneurs vivants. On estime que 25 000 patients souffrent d’insuffisance rénale chronique, dont 1 500 pourraient recevoir une greffe chaque année. Le nombre actuel de greffes rénales reste faible : environ 270 par an. Les greffes hépatiques et d’autres organes vitaux sont encore très rares. Même avec des techniques comme les dons croisés ou transplantation rénale ABO incompatible, la demande reste largement supérieure à l’offre.
Pour les patients sans donneur vivant, le recours au donneur décédé est essentiel. Cette pratique permet de sauver des vies, avec de bons résultats à long terme, en utilisant les infrastructures existantes. Le processus repose sur l’anonymat des donneurs et un système national informatisé pour attribuer les organes de manière équitable et transparente. Les expériences internationales montrent que le succès dépend d’un consentement clair, d’équipes formées et d’une bonne communication avec les familles.
Pour répondre aux besoins croissants, les experts recommandent entre autres de promouvoir le référent religieux pour lever les réticences. Pour les patients en urgence, dans cette optique le don n’est pas seulement un acte médical : c’est un geste de solidarité, un lien entre foi et science. La mise en place d’un programme national structuré, éthique et transparent est essentielle pour sauver des vies en Algérie.
Khaled Boudaoui

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