Qualifiée d’un « retour à la normale » : Tiani achève sa visite en Algérie

Le président du Niger, le général Abdourahamane Tiani, a achevé hier sa visite qu’il a effectuée en Algérie, à l’invitation de son homologue algérien, Abdelmadjid Tebboune. Il a été salué à son départ à l’Aéroport international d’Alger Houari Boumediene par le président du Conseil de la Nation, Azouz Nasri, accompagné de plusieurs membres du gouvernement.
Une visite qualifiée d’un « retour à la normale, à la sérénité et à la stabilité dans les relations entre les deux pays » par l’invité de la Chaîne 3 de la Radio nationale, l’expert en géopolitique et en géoéconomie Arslane Chikhaoui. Selon lui, elle traduit une volonté politique claire de renforcer la coopération bilatérale et de consolider la confiance mutuelle. Chikhaoui a rappelé que les deux chefs d’État ont réaffirmé leur attachement aux principes fondateurs de leurs relations : respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, non-ingérence et solidarité face aux menaces communes. Il a insisté sur l’importance de ces notions, héritées du non-alignement et constitutives de l’État algérien.
Dans un contexte de recomposition géopolitique mondiale, il a élargi la notion de souveraineté à l’espace numérique, évoquant la nécessité de protéger les données et de prévenir les cyberattaques, désormais partie intégrante de la sécurité des États.
Pour l’expert, ce rapprochement revêt une dimension stratégique majeure pour le Sahel, fragilisé par les turbulences politico-militaires et les conflits de faible intensité. Il a souligné que le Niger, notamment dans sa partie sud-ouest, fait face à de fortes pressions sécuritaires, et que la reprise des relations avec Alger permet de contenir les menaces communes.
Il a insisté sur la nécessité de conjuguer développement économique et sécurité pour lutter contre le terrorisme, le narcotrafic, les trafics humains et d’armes ainsi que les migrations clandestines. « Sans stabilité, il n’y a pas de développement. Et sans développement, l’instabilité se propage », a-t-il averti.
Chikhaoui a enfin mis en avant la relance du projet de gazoduc transsaharien (TSGP), porté par Sonatrach, qu’il considère comme un axe central du renforcement de la coopération économique et énergétique entre Alger et Niamey. Ce projet, selon lui, est structurant : il crée de l’emploi local, stabilise les régions frontalières et génère des retombées directes pour le Niger, sous forme de royalties financières ou de dividendes en nature.
Pour l’Algérie, le TSGP consolide son rôle d’acteur énergétique majeur et de trait d’union entre l’Afrique et l’Europe. « Ce projet montre que l’Afrique est capable de se prendre en charge et de répondre elle-même à ses défis économiques et géopolitiques », a conclu Chikhaoui. G. Salima

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