Prémices d’un dégel entre Alger et Paris : Tebboune rencontre Nuñez

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a reçu, hier mardi, le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, ainsi que la délégation qui l’accompagne.
Ont assisté à la rencontre Boualem Boualem, directeur du Cabinet de la présidence de la République, Saïd Sayoud, ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Amar Abba, conseiller du président de la République chargé des affaires diplomatiques, et le général de division Abdelkader Aït Ouarabi, directeur général de la Sécurité intérieure.
Alors qu’elle n’était pas inscrite dans le programme officiel, selon Nuñez, la rencontre avec le chef de l’Etat pourrait suggérer une accélération dans le processus du dégel entre les deux parties. Le ministre français qui n’avait pas exclu l’éventualité de ce rendez-vous, avait déclaré à ce propos, sur France Inter : « Je verrai bien ce qu’il se passe sur place ».
Selon lui, sa présence en Algérie marque le passage d’une phase technique de préparation entre services à une phase politique.
Cette visite, annoncée en novembre dernier et confirmée début février par Nuñez, intervient dans un contexte de crise diplomatique profonde entre Alger et Paris.
La réunion de travail doit aborder toutes les questions de sécurité : la lutte contre le terrorisme, contre les narcotrafiquants et contre l’immigration illégale. Nuñez a insisté : « J’ai toujours été confiant dans le rétablissement des relations sécuritaires avec l’Algérie. Cette visite est l’aboutissement de cette position, qui est de continuer à dialoguer avec les autorités algériennes sur les questions de sécurité. Ça me paraît indispensable ».
Le sujet le plus délicat reste celui des réadmissions (OQTF), c’est-à-dire le retour en Algérie des ressortissants en situation irrégulière en France. Début février, Nuñez avait affirmé attendre une «amorce de réponse » d’Alger sur ce dossier, ainsi que sur le cas du journaliste sportif français Christophe Gleizes, arrêté en Kabylie en mai 2024 et condamné en appel, en décembre dernier, à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme ».
Cette visite de deux jours est perçue comme un premier signe de dégel bilatéral, après plusieurs mois de tensions. Elle pourrait ouvrir la voie à une reprise progressive du dialogue sécuritaire entre Alger et Paris, dans un climat encore marqué par la méfiance et les différends politiques.
T. Feriel
