Tribunal criminel d’appel : Cinq ans pour un passeur

Le tribunal criminel d’appel a condamné un passeur de harraga, J. Mohamed, à 5 ans de prison ferme, alors que son complice a, lui, écopé de deux ans. Le principal accusé devait répondre de plusieurs griefs, notamment le trafic de migrants ayant mis en danger leur vie. Il répondait également du délit de blanchiment d’argent par groupe criminel organisé et d’usurpation d’identité. Quant au second mis en cause, il était accusé d’émigration clandestine et de complicité.
L’affaire remonte au 24 avril 2023, date à laquelle l’unité de la Gendarmerie nationale d’Aïn El-Turck a auditionné huit harraga, sans pièce d’identité, remis par le chef de l’unité maritime des Garde-côtes d’Oran. A l’issue des interrogatoires, il s’est avéré que les mis en cause étaient venues de plusieurs wilayas vers Oran pour quitter clandestinement le territoire national. Vers 1 h du matin, ces harragas avaient débarqué, accompagnés d’un individu non identifié, sur une plage rocheuse d’Aïn El-Turck.
De là, ils ont embarqué à bord d’un canot pneumatique noir, de 4,20 mètres de long et 1,80 mètre de large, équipé d’un moteur Yamaha de 85 chevaux. Après une demi-heure en mer, ils ont été interceptés par les Garde-côtes et remises à leur unité.
Lors de la vérification de leur identité, il a été découvert que l’une de ces personnes avait fourni deux identités différentes. L’embarcation utilisée pour ce voyage était conduite par J. Mohamed, qui portait une cagoule.
Toujours selon les investigations, figurait un autre organisateur de trafic d’immigration clandestine, Jamal El Kourti. Ils se sont rencontrés à Aïn El Turck, et celui-ci les a conduits en Kia Picanto blanche jusqu’à la plage de Corales. Il a été remis à El Kourti 60 millions de centimes en espèces, avec la promesse de verser 60 millions supplémentaires à l’arrivée en Espagne.
Cependant, le voyage a été interrompu. Les deux suspects, ont nié les accusations portées contre eux, affirmant qu’ils tentaient simplement d’émigrer comme les autres.
Le procureur, dans sa plaidoirie finale, a insisté sur les charges retenues contre eux et a requis une peine de 15 ans d’emprisonnement.
La défense des prévenus a plaidé la non-culpabilité pour les faits reprochés et a sollicité les circonstances atténuantes pour le grief d’émigration clandestine.
Zemmouri L.

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