Elle écope de 15 ans de réclusion : Une tante bat à mort sa nièce de 5 ans

Le tribunal criminel d’appel a condamné A. Meriem à 15 ans de réclusion pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Âgée d’une trentaine d’années, l’accusée a frappé à mort sa nièce de 5 ans, Ritej. Dans cette affaire, le grand-père et l’oncle maternels de l’enfant sont également mis en cause. Lors du procès en première instance, la principale prévenue avait écopé de 20 ans de réclusion pour homicide volontaire. De son côté, le grand-père, A. Djilali, a été condamné à une année de prison ferme, tandis qu’A. Noureddine, initialement acquitté, a finalement été condamné à la même peine en appel. Ces deux derniers étaient poursuivis pour non-assistance à personne en danger.
La jeune victime n’avait que cinq ans lorsque sa mère, fraîchement divorcée, a vu la garde de l’enfant confiée à la tante et au grand-père maternel. C’est ainsi que la fillette a vécu un véritable calvaire au sein de sa famille maternelle. Rien ne lui était pardonné : à la moindre erreur, elle subissait des sévices physiques d’une rare brutalité. Sa tante justifiait ces agissements par une volonté d’éducation. Cependant, le 10 mars 2022, la barbarie a atteint son paroxysme. Après avoir reçu une correction d’une extrême violence, l’enfant a perdu connaissance. Incapables de la ranimer, Meriem, son père et son frère, pris de panique, ont décidé d’évacuer la petite vers l’EHS pédiatrique de Canastel.
Malheureusement, la petite Ritej a succombé avant sa prise en charge. Son corps présentait des traces de traumatismes si flagrantes que les médecins ont immédiatement alerté la police. Interrogés, la tante et son père ont d’abord prétendu que l’enfant avait fait une chute, une version qui n’a pas convaincu le personnel médical. La mise en cause a ensuite expliqué que sa sœur lui avait confié ses enfants suite à son divorce, affirmant que leur éducation était ardue, particulièrement celle de la victime qu’elle décrivait comme turbulente. Elle a ajouté que la fillette avait l’habitude de perdre connaissance, omettant toutefois de préciser que ces malaises résultaient des coups reçus. En réalité, l’enfant subissait de véritables tortures.
Le jour du drame, la tante l’avait saisie et projetée à plusieurs reprises contre les murs et au sol. Face à un tel déchaînement de brutalité, une question demeure : que faisait la mère ? Bien d’autres interrogations resteront sans réponse.
L’autopsie a révélé que le décès était dû à une hémorragie interne provoquée par des coups sévères. Mais le rapport ne s’arrêtait pas là : le corps portait également des traces de contusions, de fractures, de brûlures et de morsures, tant sur le visage que sur les membres. Certaines de ces blessures étaient anciennes, d’autres plus récentes.
À l’audience, A. Meriem a nié les accusations, soutenant qu’elle n’assurait que l’éducation de sa nièce. « Une éducation des plus violentes », lui a rétorqué le président du tribunal. Elle a maintenu que, le jour des faits, l’enfant s’était évanouie et qu’elle s’était précipitée chez un médecin qui lui avait conseillé l’évacuation vers l’hôpital pédiatrique. Un transfert inutile, puisque la victime est décédée avant son admission.
Tentant de se disculper, la tante a réitéré que la petite était sujette à des malaises chroniques. Quant aux traces de violences, elle a affirmé qu’elles remontaient à une « correction » administrée trois mois plus tôt, niant avoir frappé sa nièce le jour de sa mort. Pourtant, le rapport du médecin légiste est formel.
Il convient de noter qu’elle avait obtenu la garde de l’enfant sur décision du juge des mineurs, après que la mère, après son divorce, s’était désengagée. « Votre Honneur, j’ai même refusé de la rendre à sa mère de peur qu’elle ne soit violentée », a-t-elle déclaré. Elle a également affirmé avoir subi des menaces de la part de la famille paternelle après l’obtention de la garde légale.
De leur côté, le père et le frère de l’accusée ont nié les faits, prétendant n’avoir jamais vu Meriem frapper la victime. Le représentant du ministère public, fustigeant une situation « horrible », a déclaré ne trouver aucun qualificatif pour de tels actes. Il a requis 20 ans de réclusion contre la tante et cinq années contre le père et le frère de celle-ci.
Zemmouri. L

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